France:Penelope Fillon en 2007: "Je n'ai jamais été son assistante"

L'émission Envoyé spécial, sur France 2, a diffusé jeudi soir l'extrait vidéo d'un entretien accordé par Penelope Fillon, il y a dix ans, à une journaliste britannique. Elle y déclarait qu'elle
n'avait "jamais été l'assistante de son mari, ni quoi que ce soit dans ce genre". Une phrase qui met à mal les arguments de François Fillon.
"Je n'ai jamais été son assistante ou quoi que ce soit de ce genre-là. Je ne m'occupe pas de sa communication", explique Penelope Fillon, avant de sourire. Lorsqu'elle tient ces propos, en mai 2007, elle est la femme du nouveau Premier ministre des Français, François Fillon, et répond aux questions de la journaliste britannique Kim Willsher, le tout en se laissant filmer par le photographe pour les besoins du site internet du journal. Cet extrait vidéo d'un entretien qui a servi à nourrir un portrait paru il y a dix ans dans The Sunday Telegraph a été diffusé par l'émission Envoyé spécial sur France 2 ce jeudi soir.
Ces déclarations et leur retransmission en pleine affaire Penelope Fillon, dans laquelle celle-ci est soupçonnée d'avoir perçu 900.000 euros dans le cadre d'un emploi fictif d'assistante parlementaire auprès de son mari et de Marc Joulaud, mettent à mal la défense de son mari. François Fillon n'a cessé de défendre la réalité de l'activité de sa femme comme assistante parlementaire. 
"Si je n’avais pas eu mon dernier enfant je serais sûrement allée chercher un travail."
La journaliste Kim Willsher a décrit à Envoyé spécial la préparation de cet entretien, réalisé il y a dix ans: "C'était un week-end férié. J'ai reçu un appel. On m'a dit: 'Si vous voulez rencontrer madame Fillon, c'est demain, à 9h'."
Dès le début de l'interview, on voit la journaliste s'enquérir de l'emploi des journées de l'épouse du chef de gouvernement du moment: "J'ai toujours réussi à mener ma vie de mon côté. J'ai toujours vécu comme n'importe qui d'autre. Bien sûr, il y a toujours les choses horriblement ennuyeuses que vous devez faire. Mais Paris est une ville merveilleuse pour faire des choses, des expositions. Je me suis inscrite à l'université, en littérature anglaise. Je viens juste de démarrer."
La mère de famille a ensuite ajouté: "Si je n’avais pas eu mon dernier enfant je serais sûrement allée chercher un travail". Visiblementt, ce sont ses enfants qui l'ont poussée à reprendre un cursus universitaire: "Je me suis rendu compte que mes enfants ne me voyaient que comme une mère. Alors, je leur ai dit: 'Vous savez j'ai un diplôme en français, j'ai fait du droit, j'ai passé le concours d'avocat. je ne suis pas si stupide!' Je me suis dit que ça me remettrait au travail, que ça me stimulerait."
De l'accompagnement mais "rien de plus"
Mais quant à savoir si elle a assisté son mari dans sa carrière politique? Penelope Fillon a alors livré un récit détaillé de son implication: "Je l'ai toujours accompagné dans ses campagnes électorales, dans les meetings pour aider. Je glissais des prospectus sous les portes. J’aime bien me mettre au fond de la salle et écouter les commentaires que les gens font sur ce qu’il dit. C'est ce que je faisais quand il était maire de Sablé-sur-Sarthe. J’allais de temps en temps dans les associations de personnes âgées. Rien de plus, rien". Penelope Fillon conclut à ce moment-là par ces mots: "Je n'ai jamais été son assistante ou quoi que ce soit de ce genre-là. Je ne m'occupe pas de sa communication".
Dans un autre témoignage recueilli par les journalistes d'Envoyé spécial, Marie-Armelle Lelièvre, une amie et voisine du couple qui, tout en reconnaissant ne pas être au courant de l'éventuelle fonction d'attachée parlementaire de Penelope Fillon, explique: "Elle était là pour envoyer du courrier, pour y répondre, prendre des rendez-vous. Quand on avait quelque chose à faire passer à François, on n'hésitait pas à passer par Penelope. Et puis ça lui est arrivé de le représenter dans des rassemblements, ou des réunions à Sablé-sur-Sarthe."