CRISE ANGLOPHONE: DIEUDONNE ESSOMBA NOUS ECLAIRE "Dès le départ, il était clair que dans le cas anglophone, le Cameroun était mal parti pour 4 raisons essentielles"

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CRISE ANGLOPHONE: DIEUDONNE ESSOMBA NOUS ECLAIRE DE NOUVEAU

Dès le départ, il était clair que dans le cas anglophone, le Cameroun était mal parti pour 4 raisons essentielles :
1. L’image des pouvoirs publics n’est pas bonne aussi bien à l’intérieur qu’à surtout à l’extérieur. Le Président Biya est là depuis 35 ans et il a 84 ans, ce qui crée en Afrique l’image d’une vieille dictature immobile et une telle image ne pouvait que se déteindre toute action posé par le Gouvernement. Autrement dit, le même geste posé par un autre Gouvernement serait analysé de manière plus objective que celui du régime actuel du Cameroun. Le Gouvernement camerounais n'est pas condamné pour ce qu’il fait, mais simplement au faciès.
2. Les Anglophones ne sont pas assimilables ni au Biafra, ni à la Casamance ou au Cabinda qui sont des sections géographiques dont les prétentions ne s’appuient que sur des arguments locaux. La seule proximité historique qu’on peut trouver au parcours anglophone est le Sahara occidental dont l’émancipation du colon a créé une situation intrinsèquement polémique. Ce sont les deux mouvements séparatistes qui peuvent s’appuyer sur des arguments internationaux pour plaider leur cause et ils ne manquent d’ailleurs pas de le faire. Dans le cas des Anglophones, la situation est rendue d’autant plus complexe que c’est l’ONU elle-même qui avait conduit le processus d’adjonction au Cameroun.
3. Le pouvoir, en adoptant la décentralisation pour la forme en 1996 pour ne jamais appliquer dans le fond a fait manifestement une grossière erreur d’appréciation qui lui a enlevé le préjugé de bonne foi. Ce faisant, il a donné de terribles arguments à la pieuvre séparatiste qu’il a continué à nourrir avec la répression, là où il fallait utiliser la ruse ;
4. Enfin, la logique de la répression promue par certains s’appuie sur une série d’erreurs d’analyse. Erreur sur la nature du problème qu’on ne peut jamais assécher par la force, erreur sur l’attitude de la Communauté Internationale qui ne peut que condamner le Cameroun, erreur sur l’époque, dans l’ignorance du droit d’ingérence humanitaire né précisément avec la sécession du Biafra, erreur enfin sur les marges de manœuvre du Cameroun dont les moyens sont très contraints et dont la dépendance financière vis-à-vis de la Communauté rend très vulnérable.
On peut donc espérer que le Gouvernement soit revenu à la raison et cesse d’écouter les va-en-guerre.
Par Dieudonné Essomba