EXERCICE SUR LA FORME DE L’ÉTAT ET LE MODÈLE MATRIMONIAL. TOUT SAVOIR SUR LE MODÈLE UNITAIRE CENTRALISE. LE MODÈLE UNITAIRE DÉCENTRALISE. LE MODÈLE FÉDÉRAL. LE MODÈLE CONFÉDÉRAL

http://www.carte-du-monde.net/pays/cameroun/carte-drapeaux-cameroun.jpg 
EXERCICE SUR LA FORME DE L’ETAT ET LE MODÈLE MATRIMONIAL

Vous lirez attentivement ce texte, puis vous répondrez à la question située à la fin.
I. LE TEXTE
Pour mieux comprendre le débat sur la forme de l’Etat, la meilleure comparaison reste un polygame, disposant d’une grande cacaoyère et des espaces libres pour les cultures vivrières ou d’autres cacaoyères.
1. LE MODELE UNITAIRE CENTRALISE
Il représente la situation du polygame qui contrôle la cacaoyère et tous les espaces. Les femmes et les enfants y travaillent comme des aides familiaux, sans droit spécifique sur la production et le revenu.
Il y a une seule caisse d’argent contrôlé par le Polygame qui définit les besoins de chaque membre de la famille et les exécute : lui-même achète les habits, répartit la nourriture, construit les maisons, achète les assiettes et les ustensiles de cuisine, paie la scolarité, la dot, bref s’occupe de tout.
Tous les enfants reçoivent le même traitement et la référence à telle ou telle mère est proscrite, puisque cela introduit des divisons entre les enfants. Tous les enfants ont le même père, donc il n’y a aucune différence !
SUR LE PLAN POLITIQUE, cela se traduit par le fait d’un Etat qui contrôle toutes les ressources de la Nation et s’occupe de tous les projets publics envisageables. Le centre de décision est unique, et les notions de communautés tribale, régionales ou linguistiques sont interdites, car considérées comme contraires à l’unité nationale.
2. LE MODELE UNITAIRE DECENTRALISE
Ici, le Polygame donne une certaine marge de liberté aux femmes et aux enfants adultes. Ceux-ci peuvent avoir quelques exploitations vivrières sur des espaces vides, mais c’est lui seul qui donne ces espaces et peut les retirer à volonté. En outre, les mères et les enfants sont interdits de cultiver le cacao qui est une plante pérenne, car cela risquerait de priver le père du droit de retirer ces espaces. L’extension des plantations cacaoyères reste donc son monopole exclusif, les enfants adultes y étant appelés à travailler comme des aides ou des manœuvres.
Quoiqu’il puisse avoir des petites caisses autonomes, l’essentiel des ressources est généré et dépensé sous le contrôle et la discrétion du Père, mais celui-ci peut de temps en temps renvoyer une de ses filles en lui disant : « J’ai vu ta mère vendre un sac de macabo l’autre jour ! Va aussi lui demander au moins pour tes tresses ! »
On reconnait l’existence des mères, mais de manière très accessoire, et tous les enfants ont pratiquement les mêmes droits.
SUR LE PLAN POLITIQUE, cela se traduit par quelques droits que l’Etat central confère aux régions et aux Communes pour quelques missions de proximité, droits qu’il contrôle et qu’il peut révoquer à sa guise.
3. LE MODELE FEDERAL
Dans ce modèle, la communauté polygamique est assujettie à des règles de partage spécifique et des attributions sur lesquelles personne ne peut revenir. Le Père prend la moitié des recettes de la cacaoyère, et une petite partie de la production de chaque femme qui sont ses ressources. Celles-ci sont consacrées à des dépenses collectives bien listées, telles que la scolarité des enfants, les problèmes de santé, les événements familiaux (deuils, mariages), les relations extérieures de la famille (dots, contributions sociales diverses), les constructions de la maison principale et des cases des femmes, et évidemment, les relations avec ses propres amitiés.
Chaque femme bénéficie d’une dotation des recettes issues de la cacaoyère, en fonction de sa contribution, son âge et le nombre de ses enfants. Elle bénéficie aussi des espaces où elle peut cultiver ses vivres ou créer ses cacaoyères avec ses enfants, jeunes ou adultes, et qui sont sa propriété définitive.
En contrepartie, elle s’occupe en exclusivité de son habillement et celui des enfants, assure leur alimentation et équipe sa case, organise les fêtes de baptême sans rien attendre du mari. Elle dispose d’un patrimoine propre et des droits sur lesquelles personnes ne peut revenir.
Chaque enfant a des droits relevant du père pour lesquels ils sont tous identiques, et des droits réservés qu’il se partage avec sa fratrie maternelle.
SUR LE PLAN POLITIQUE, le modèle se caractérise par deux niveaux de décision disposant chacun de ses missions. Les ressources majeures sont collectées par l’Etat fédéral qui les répartit suivant des clés préétablies. Les droits des Etats fédérés sont inaliénables et ceux-ci peuvent renforcer leurs ressources par des initiatives propres.
L’Etat fédéral a des missions générales comme l’armée, la diplomatie, la monnaie, la coordination et els politiques économiques. A quoi s’ajoutent les infrastructures lourdes, les réseaux de chemins de fer, d’autoroutes et des axes lourds interrégionaux, les lourdes infrastructures comme les barrages, le réseau électrique interrégional, etc.
Les Etats fédérés s’occupent du reste.
Les avantages publics, notamment l’emploi sont ouverts, au niveau fédéral, à tous les citoyens, sans distinction d’origine, alors que les mêmes droits sont réservés aux citoyens de chaque Etat (originaires et résidents permanents).
4. LE MODELE CONFEDERAL
C’est celui où la cacaoyère et les espaces libres sont partagés définitivement entre les femmes qui se comportent comme des familles différentes. Le rôle du Père se limite à des activités de coordination et d’arbitrage, ainsi que la représentation vis-à-vis des autres familles.
AU NIVEAU POLITIQUE, cela se traduit par une gestion très proche des Etats indépendants.
II. LA QUESTION
Au regard de cette situation, quel modèle choisiriez-vous ? Vous pourriez argumenter, en tenant compte des conditions concrètes de cette polygamie. Vous pourriez prendre plusieurs hypothèses :
-les enfants sont encore jeunes ou déjà adultes avec femmes et enfants
- les mères viennent des tribus différentes, ont des âges très différents et s’accusent mutuellement de pratique de sorcellerie ;
- la jalousie dû au succès des uns et aux échecs scolaires des autres peut empoisonner le vivre-ensemble commun.
Dieudonné ESSOMBA