Gabon:Jean Ping s'adresse à la diaspora Gabonaise. La Résistance est un combat. C'est-à-dire que ce n’est pas facile. Et « la discipline faisant la force des armées », nous devons renforcer la cohésion au sein de notre camp.

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Le Président Jean Ping,
NOTE D’ORIENTATION A L’ADRESSE DE LA DIASPORA  GABONAISE DE FRANCE
Au stade actuel du combat que nous menons ensemble depuis plus d’un an ; il me paraît important de vous adresser la présente mise au point.
D’entrée de jeu, je voudrais redire aux uns et aux autres mon appréciation du travail accompli et, surtout, la reconnaissance des sacrifices consentis, de la détermination dont vous avez fait preuve ainsi que du courage qui vous anime dans la perspective de la récupération de notre victoire volée par la junte au pouvoir.
Les importants résultats obtenus, jusqu’à présent, par notre Coalition d’une manière générale n’ont été rendus possibles que grâce au soutien et à l’appui constant d’un certain nombre de partenaires et d’amis traditionnels du Gabon en tête desquels l’Union européenne. Par conséquent nos partenaires et nos alliés traditionnels méritent notre confiance.
Dès lors que certains comportements au sein de la Résistance tendent à remettre en cause cette confiance, la question qui se pose, aujourd’hui, est la suivante : « à qui profite la crise de confiance actuelle ? », à notre cause ou à celle de la République des photos et des poignées de mains ?
Bien évidemment, à l’occasion des changements politiques voulus par les Gabonais, notre relation avec la Communauté internationale doit s’appuyer sur les valeurs démocratiques, de Liberté et de respect des droits humains ainsi que de l’Etat de droit.
Sur ces éléments, nous connaissons la volonté de l’Union européenne, en général, et celle des autorités françaises, en particulier, à accompagner les Gabonais sur la voie de la promotion de ces valeurs.
Cette volonté correspond, à la fois, aux évolutions dans le monde et à l’exigence des peuples africains d’accéder, sans délai, à plus de dignité, à plus de bien-être et à une plus grande participation dans les affaires de l’Afrique et du monde.
Les derniers évènements, à savoir, la résolution du parlement européen du mois de Septembre 2017, laquelle a été largement votée par les Députés français de cette institution, le discours européen du président Macron prononcé à la Sorbonne, dans lequel il réaffirme l’engagement de la France à soutenir l’avènement de la Démocratie et la fin des dictatures dans le cadre d’un partenariat stratégique, sont autant de preuves de la convergence de vue entre les autorités françaises et la Résistance gabonaise au coup d’Etat militaro-électoral d’Ali Bongo. Quant à la poignée de main d’Ali Bongo arrachée au président Emmanuel Macron lors de la 72ème Assemblée Générale des Nations Unies à New-York en septembre 2017, elle ne saurait remettre en cause la position de principe de la non reconnaissance du pouvoir d’Ali BONGO par la France, position réaffirmée par l’Elysée le 16 aout 2017.
J’invite donc fermement et solennellement la Résistance en général et la Diaspora gabonaise en particulier à cesser ses attaques contre les autorités françaises et à continuer de travailler avec elles à la résolution de la crise électorale qui plombe, actuellement, la vie politique gabonaise et le fonctionnement régulier de nos institutions.
La France n’est pas notre ennemi. Notre ennemi c’est la dictature qui sévit actuellement au Gabon et qui nous a volé notre victoire à la dernière élection présidentielle. Et le cœur combat se trouve au Gabon.
Ne faisons pas de nous-mêmes les instruments de ce pouvoir qui veut régler ses comptes avec la France en lançant des mots d’ordre de boycott dans l’espoir de susciter une intervention française en vue de leur maintien au pouvoir.
Le stratagème est bien connu, ne tombons pas dans le piège tendu à la France et à nous-mêmes par le pouvoir putschiste en place au Gabon, qui espère ainsi arracher son maintien.
La résolution du Parlement européen conclue en disant que seule « une solution politique claire » à cette crise électorale, solution qui ne peut être que la reconnaissance de notre victoire à l’élection présidentielle du 27 aout 2016, peut permettre « de préserver la stabilité du Gabon, d’accroitre la confiance des citoyens gabonais et de donner une légitimité réelle aux institutions ».
Nous avons choisi, ensemble, de parvenir à cette « solution politique claire » par la voie de la « Résistance ». Cette voie, et la Diaspora gabonaise le sait, est soutenue par nos alliés pour ce combat. Cette voie n’est, certes, pas spectaculaire tant elle laisse souvent l’impression que peu de choses sont faites pour atteindre notre objectif commun.
En réalité, les choses n’avancent, comme vous le savez, pas suffisamment vite, au goût de certains. Et je comprends leur impatience. Pour autant, nous ne devons pas tout remettre en cause ni détruire ce que nous avons mis du temps et beaucoup d’énergie à bâtir.
Nos alliances sont un maillon essentiel de notre combat. Nous devons les cultiver, nous devons les entretenir. Nous devons, en plus, respecter les étapes et les rythmes de la forme de lutte que nous avons choisie. Une forme de lutte qui, je le rappelle, nous donne satisfaction en l’état actuel de notre combat.
Certes, beaucoup reste encore à faire pour gagner notre combat. Je tiens à rappeler que c’est d’abord par notre engagement, notre abnégation et notre sens de la discipline que nous franchirons, victorieusement, les derniers obstacles qui nous séparent de la victoire finale. C’est à nous de faire le travail. Nous ne pouvons pas nous décharger sur d’autres, fussent-ils des alliées et quelle que soit leur puissance, par ailleurs.
Nos alliés nous accompagnent simplement et, en aucun moment, ils ne peuvent se substituer à nous dans l’action. Nous ne pouvons pas non plus, pour prétendument obtenir une action de l’un ou l’autre allié, exercer des pressions sur cet allié. Etant entendu que le soutien à une cause et l’engagement dans un combat, quel qu’il soit, sont libres et ne sauraient se faire sous la contrainte.
La discipline est un autre élément essentiel dans la phase cruciale du moment. Nous devons, plus que jamais, coordonner nos actions pour en optimiser les résultats.
Aussi, je vous invite à vous référer pour vos initiatives les plus importantes au siège de la Résistance à Libreville. Car, après tout, ce combat que nous menons est un combat de Tous, pour notre pays. Par conséquent, nous devons faire passer les actions importantes par les instances représentatives de la Résistance et du peuple gabonais.
Les actions que nous entreprenons dans le cadre de la Résistance, parce qu’elles engagent notre pays et son peuple, doivent être discutées par des personnalités dûment mandatées.
La Résistance est un combat. C'est-à-dire que ce n’est pas facile. Et « la discipline faisant la force des armées », nous devons renforcer la cohésion au sein de notre camp.
Je vous invite donc à cesser toutes les luttes internes et fratricides qui minent l’efficacité de nos actions.
Pour terminer, la démocratie que nous voulons suppose le respect de l’autre dans la différence. Respectons nos alliés dans leurs rythmes et dans leurs priorités. Pour autant continuons à travailler pour l’avènement d’un Gabon démocratique, républicain et à l’abri de la peur et du besoin.
Fait à Libreville, le 10 octobre 2017.
Jean PING