Le Franc CFA à nouveau sur la table des échanges à Paris


Les ministres de la Zone Franc se réunissent ce jeudi 5 octobre dans la capitale française pour poursuivre les discussions quand à la gestion de cette monnaie très complexe et contestée par une grande partie d’Africains.
Les assises des ministres des finances de la Zone Franc  et de la France à paris ces 4 et 5 octobre 2017 interviennent dans un contexte marqué par une récession économique de la zone UEMOA, et une baisse inquiétante des devises dans la zone CEMAC contraignants ainsi ces pays à de nouveaux plans d’ajustements structurels.

Les pays africains ayant en partage le Franc CFA n’arrivent plus en effet à tenir leurs engagements vis à vis de l’Etat français qui demande 50% des réserves en devise pour assurer la parité fixe de cette monnaie vis à vis de l’Euro. Du fait de la chute du cours du brut pour la plupart et les dépenses liées à la lutte contre le terrorisme, ces nations ne sont plus capables de satisfaire leurs engagements.
La plupart  de ces Etats africains, en occurrence ceux de la CEMAC, ont tous au recours au Fonds monétaire international-FMI- pour stabiliser leurs Economies. D’un autre coté, la France trouve déjà encombrant le soutien dans la stabilité du Franc Cfa pour ces nations dont la santé économique est problématique. Fidèle à ses revendications, la société civile des pays de la Zone franc demande le désengagement de l’Hexagone vis à vis de cette monnaie, pour permettre pays qui l’utilisent de pouvoir enfin battre monnaie. Toute chose à l’origine des manifestations et protestations qui s’organisent partout dans ces différents pays depuis plusieurs années.
Lors du sommet du 23 décembre 2017 qui a réuni à Yaoundé au Cameroun tous les Chefs d’Etats de la CEMAC, le ministre français des Finances d’alors et la Directrice du FMI,  certains économistes prédisaient déjà le retour aux plans d’ajustement structurels et une nouvelle dévaluation du Franc CFA, à défaut d’en sortir complètement.
Moins d’un an plus tard, les pays concernés ont opté pour le retour  aux plans d’ajustements structurels de trois ans. Cette situation implique plusieurs mesures d’austérité. La dévaluation quand à elle a été écartée, du moins provisoirement. Dix mois après, les choses semblent à nouveau pencher vers une nouvelle dévaluation de cette monnaie « coloniale », du  moins pour les économies de la  CEMAC ou alors une sortie pour certains. Affaire à suivre !
Par Simon Metsengue
Source:afriqueorient.com