Mélenchon claque la porte d'une mission parlementaire présidée par Valls

Jean-Luc Mélenchon, président de La France Insoumise, lors de la manifestation contre la réforme du Code du travail, le 23 septembre 2017 à Paris.
Le chef de file des Insoumis conteste, en des termes virulents, que la présidence de la mission
sur la Nouvelle-Calédonie a été confiée à l'ancien Premier ministre.
Insoumise, lors de la manifestation contre la réforme du Code du travail, le 23 septembre 2017 à Paris. Jean-Luc Mélenchon a démissionné vendredi de la mission parlementaire sur la Nouvelle-Calédonie, présidée par Manuel Valls. Dans une lettre au président de l'Assemblée François de Rugy, le chef de file des Insoumis conteste le fait que la présidence de cette mission a été confiée à l'ancien Premier ministre.
"On ne saurait faire choix plus inapproprié. Monsieur Valls est un personnage extrêmement clivant, qui suscite de forts rejets du fait de sa proximité avec les thèses ethnicistes de l'extrême droite", écrit Jean-Luc Mélenchon qui rappelle notamment ses propos sur les "white" et "blancos", saisis par une caméra en 2009, et pointe une "proximité" de l'ancien Premier ministre "avec les dirigeants de l'extrême droite israélienne".

"Valls ne saurait être le personnage unifiant et tolérant"

"Corvée: siéger avec l'ignoble Valls à la commission Nouvelle-Calédonie. Ici, qui vient-il trahir ?", avait tweeté mardi le député des Bouches-du-Rhône, dès la réunion constitutive de la mission sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. "Manuel Valls ne saurait être le personnage unifiant et tolérant qu'une telle mission impose [...] Nous en voyons un signe supplémentaire quand nous l'entendons accuser notre groupe de complaisance pour les assassins islamistes", ajoute-t-il dans son courrier.
L'ex-chef du gouvernement a accusé mardi sur RTL les députés de La France Insoumise d'"un discours islamo-gauchiste": "Une partie de la gauche est dans la complaisance vis-à-vis du communautarisme", de "l'islam politique" et est "irresponsable", avait accusé Manuel Valls.

Un "repêchage d'un ancien Premier ministre"

Aux yeux de Jean-Luc Mélenchon, l'accusation est "formulée dans les termes de l'extrême droite" et "confirme l'inaptitude du personnage à mesurer ses propos". Les parlementaires LFI "redoutent ce qu'il pourrait être conduit à dire à propos des personnes à qui ses préjugés ethniques ou politiques viendraient à l'opposer dans le dossier de la mission".
"À la veille d'un référendum décisif [d'autodétermination en 2018], ce choix sonne comme un signe de manque d'intérêt qui relègue le sujet à une opération de repêchage d'un ancien Premier ministre", alors même que "celui-ci a déjà été désavoué de toutes les façons possibles dans un passé trop récent", d'après l'ancien candidat à la présidentielle.
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Contacté par L'Express, Manuel Valls n'avait pas réagi vendredi en fin d'après-midi à ce départ.