L’heure est à la purge politique au Zimbabwe

Le président zimbabwéen Robert Mugabe et son épouse lors d’un meeting du parti Zanu-PF, à Harare, le 7 octobre 2017.
La bataille pour la succession du président Mugabe, 93 ans, fait rage au sein des différentes factions de la Zanu-PF, le parti au pouvoir.
Il y a un homme que tout le monde cherche au Zimbabwe : c’est le vice-président déchu, Emmerson Dambudzo Mnangagwa. Depuis l’annonce de sa destitution, lundi, les messageries s’affolent, les nouvelles se contredisent. Où est « ED » ? Mardi, on a cru l’avoir vu faire ses cartons à son bureau de la vice-présidence. Raté : des employés étaient bien, dès l’aube, en train de ranger ses affaires, mais en son absence. On l’a dit arrivé au Mozambique par la route, depuis la frontière terrestre, à l’est du pays, ou par un vol spécial. D’autres sources le disaient « caché à Harare », redoutant une arrestation ou un assassinat pur et simple. Mercredi 8 novembre, un communiqué de presse qui n’a pas été identifié formellement circule, ED est supposé en être l’auteur et affirme qu’il est sorti du pays « sain et sauf », précisant à l’adresse du président Robert Mugabe que le parti Zanu-PF « n’est pas [sa] propriété ni celle de [son] épouse » et promettant de revenir au pays pour diriger la formation politique.
Aucune des rumeurs qui circulent depuis son limogeage n’est tout à fait invraisemblable, alors que se dessine, à l’échelle des rouages du pouvoir, une purge d’ampleur des éléments de la faction Mnangagwa, dite « Lacoste » (en référence à son surnom, le « Crocodile »). Ses partisans attendent, pétrifiés, de savoir quel sera leur sort. Déjà, dans le courant des semaines écoulées, des dirigeants régionaux « Lacoste » avaient été cassés, à commencer par ceux de la province de Masvingo, bastion de Mnangagwa, ou des Midlands (centre).
Faire place nette Lors du remaniement d’octobre, ses alliés avaient été déjà écartés au sein du gouvernement. Reste la question de l’armée. Le Herald, journal d’Etat contrôlé par la faction Génération 40 (celle des partisans de Grace Mugabe), a affirmé mardi matin qu’un « coup d’Etat était en préparation », dont l’ordonnateur ne serait autre qu’ED. Déjà, dimanche...
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Source: lemonde.fr