ETATS-UNIS - Le président américain a multiplié ces derniers jours les charges via Twitter
contre la police fédérale, réaffirmant qu’il n’y avait eu « aucune collusion » de sa campagne avec la Russie…
Résumé des derniers jours : Donald Trump a lancé dimanche une violente contre-attaque contre le FBI, après son faux pas de la veille laissant entendre qu’il savait de longue date que son ancien conseiller à la sécurité nationale, inculpé dans l’affaire russe, avait menti à la police fédérale. Vous avez manqué des épisodes ? Voici la chronologie d’un long week-end de tweetaille sur fond d’enquête sur les soupçons d’ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016.

Le déclencheur : Vendredi, Flynn plaide coupable d’avoir menti au FBI

La nouvelle a secoué Washington, vendredi matin. Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, a plaidé coupable notamment d’avoir menti sur ses conversations avec l’ambassadeur de Russie aux Etats-Unis puis accepté de coopérer avec la justice.
Michael Flynn a surtout confirmé à l’accusation avoir ponctuellement agi sur les instructions d’un « très haut responsable » de l’équipe de transition présidentielle qui n’est autre, selon plusieurs médias américains, que Jared Kushner, gendre et proche conseiller de Donald Trump. Michael Flynn a accepté de coopérer avec la justice, ce qui pourrait donner un nouveau coup d’accélérateur aux enquêteurs.

Samedi matin : Un tweet embarrassant

Samedi, Donald Trump a nié toute « collusion » avec la Russie mais a semblé admettre au passage qu’il savait que Michael Flynn avait menti au FBI. « J’ai dû limoger le général Flynn parce qu’il a menti au vice-président et au FBI. Il a plaidé coupable de ces mensonges. C’est triste parce que ses actions pendant la transition étaient légales. Il n’y avait rien à cacher ! », a écrit le milliardaire sur Twitter.
La formulation de son tweet a aussitôt été passée à la loupe par les connaisseurs du dossier : alors que seul le mensonge au vice-président Mike Pence avait été invoqué par la Maison Blanche pour limoger le conseiller à la sécurité nationale en février, Donald Trump laisse cette fois entendre qu’il était aussi au courant des mensonges au FBI.
Or l’ex-patron du FBI James Comey, évincé en mai par le président, a affirmé lors d’une audition parlementaire en juin que ce dernier lui avait personnellement demandé « d’abandonner » une enquête visant Michael Flynn. Le limogeage de James Comey nourrissait déjà depuis des mois des spéculations sur une éventuelle entrave présidentielle à la justice que ce nouveau tweet est venu alimenter.
« Etes-vous en train d’admettre que vous saviez que Flynn avait menti au FBI quand vous avez demandé à Comey de laisser Flynn tranquille ????????? », a interrogé, également sur Twitter, l’ex-directeur de l’éthique au sein de l’administration Walter Shaub.

Dimanche : Rétropédalage et mises en gardes contre Trump

Tentant de dédouaner le président, l’avocat personnel de Donald Trump, John Dowd, a affirmé dimanche aux médias que c’est lui qui avait rédigé le message. « Je n’ai jamais demandé à Comey d’abandonner l’enquête sur Flynn. Encore de fausses informations couvrant un autre mensonge de Comey », s’est défendu Donald Trump de son côté sur Twitter, dans le premier d’une salve de tweets critiquant la police fédérale avec une virulence inédite pour un président américain.
Mais la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, membre de la puissante commission du Renseignement au cœur de l’enquête russe, n’a pas été convaincue par cet argument : « Je pense que ce qui est en train de se dessiner est un cas d’entrave à la justice », a-t-elle affirmé sur la chaîne NBC.
Les avertissements sont également venus des rangs mêmes des républicains. « Vous tweetez et commentez une enquête pénale en cours à vos risques et périls. Je serais prudent si j’étais vous, Monsieur le président », a déclaré sur CBS le sénateur Lindsey Graham.

Dimanche toujours : Tentative de diversion vers Hillary Clinton

Lançant la contre-offensive, Donald Trump s’est saisi avec ardeur de la nouvelle qu’un des principaux enquêteurs du FBI chargé du dossier russe - et précédemment de l’enquête sur les courriels de Hillary Clinton, classée sans suite - avait été écarté de l’affaire pour l’avoir critiqué dans des textos privés.
« Après des années de Comey, avec l’enquête bidon et malhonnête sur Clinton (et plus), à la tête du FBI, sa réputation est en lambeaux - la pire de l’Histoire ! Mais n’ayez crainte, nous lui rendrons sa grandeur », a tweeté le président américain.
L’enquête sur les courriels de Hillary Clinton avait secoué la campagne présidentielle de 2016, motivant Donald Trump et ses supporteurs, dont Michael Flynn, à demander, aux cris de « Enfermez-la », qu’elle soit condamnée et emprisonnée. En vain.

« UN AGENT DU FBI ANTI-TRUMP A MENE L’ENQUETE CLINTON ». Maintenant tout commence à s’expliquer », a encore asséné le président, à propos de cet enquêteur, Peter Strzok, l’un des plus expérimentés dans les services de contre-espionnage du FBI et qui a été écarté cet été. De quoi alimenter les demandes déjà pressantes de parlementaires républicains au Congrès qui réclament l’ouverture d’investigations sur les dysfonctionnements présumés de l’enquête Clinton.
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La suite au prochain épisode

La tournure que prendra l’affaire va dépendre notamment des informations que Michael Flynn pourrait fournir aux enquêteurs. « On n’en a pas fini », a lancé le sénateur démocrate Mark Warner sur CNN. Si le procureur spécial Robert Mueller parvenait à prouver une collusion avec la Russie ou une entrave à la justice, une procédure de destitution ne pourrait être exclue pour le 45e président des Etats-Unis.
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