Pyongyang rompt le silence en testant un missile capable d'atteindre Washington

Pyongyang
La Corée du Nord a rompu son «silence» de plus de deux mois en effectuant un nouveau lancement
de missile.
Le missile a décollé de l'ouest de la Corée du Nord en direction de l'est pour finir sa course en mer à 250km du Japon. Le vol a duré près de 54 minutes, ce qui suggère qu'il s'agit très probablement du nouveau missile intercontinental Hwasong-14 qui n'avait encore jamais été testé par Pyongyang. Les spécialistes ont immédiatement remarqué que la Corée du Nord n'avait encore jamais lancé un missile à une telle altitude — plus de 4.500 km. Selon les estimations des experts, la portée réelle de ce missile s'élève à 10.500-13.000 km, ce qui signifie que le système permet d'atteindre Washington et toute autre région du territoire continental des USA. Selon le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

Toutefois, les spécialistes indiquent qu'il est encore trop tôt pour conclure à la possession, par la Corée du Nord, d'un missile entièrement prêt à être lancé. Aucune information n'a été transmise sur le poids et le type de l'ogive et, dans l'ensemble, la communauté d'experts trouve peu plausible que Pyongyang soit capable d'envoyer une ogive nucléaire sur le continent américain. Les Nord-Coréens sont encore en phase d'essais et non opérationnelle. Néanmoins ce lancement représente un pas de plus vers la construction d'un missile intercontinental réel en Corée du Nord. Les Américains et leurs alliés craignent que les Nord-Coréens puissent prochainement armer un tel missile d'une ogive nucléaire. Les autorités américaines ont immédiatement réagi. «Nous allons nous en occuper», a déclaré le président américain Donald Trump aux journalistes à la Maison blanche après le lancement du missile. Le dirigeant américain a déclaré plusieurs fois que plusieurs options militaires étaient déjà prêtes pour répondre à la Corée du Nord, tout en laissant entendre durant sa tournée asiatique que l'heure était venue de régler le problème nucléaire de la Corée du Nord par la voie diplomatique.
Les voisins de la Corée du Nord ont tout de suite réagi au lancement du missile aussi bien au niveau diplomatique que militaire. Six minutes après le lancement, les forces armées sud-coréennes ont organisé des exercices pour montrer qu'elles étaient capables de frapper la Corée du Nord et de détruire les vecteurs nord-coréens.

Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies était prévue hier soir. Les experts supposent que si les USA ne parvenaient pas à faire adopter de nouvelles sanctions intransigeantes au niveau de l'Onu, allant jusqu'au blocus économique total, ils pourraient décréter des sanctions unilatérales et notamment un «boycott secondaire». Autrement dit, Washington pourrait s'attaquer à tous ceux qui entretiennent des liens économiques avec la Corée du Nord en coupant des compagnies et même des pays entiers du système financier international — construit autour des institutions et des structures américaines. Il faudrait alors faire un choix «avec nous ou avec la Corée du Nord». A en juger par la disposition de Donald Trump, une telle approche est parfaitement plausible. Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.
Source: fr.sputniknews.com