Pour être un "parti de gouvernement" pour pouvoir nouer des alliances, le FN doit changer de nom, assure Marine Le Pen

Marine Le Pen le 8 décembre 2017 au QG du FN à Nanterre.
Pour Marine Le Pen, il est temps de changer le nom du Front national, afin d'être perçu comme
un "parti de gouvernement", pour pouvoir nouer des alliances.
La présidente du Front national Marine Le Pen a estimé dimanche que son parti devait changer de nom pour être perçu comme un "parti de gouvernement", susceptible de nouer des alliances.
Les militants sont "plutôt majoritairement pour un changement de nom" à ce stade du dépouillement des questionnaires envoyés dans le cadre de la "refondation" du parti, a affirmé la dirigeante frontiste lors d'une conférence de presse à Alençon, huitième étape de sa tournée de "refondation". Elle a qualifié de "fake news" le chiffre de 80% des militants opposés avancé par RTL.
Si la tendance finale est au changement de nom, "un certain nombre de noms seront suggérés" au congrès du FN le 11 mars et les militants voteront "sur ces noms", a-t-elle dit. "Aujourd'hui, si nous changeons le Front national alors il faut aussi changer l'appellation", a défendu Marine Le Pen.

"Se donner les moyens de la victoire"    

"Si un nom contient une charge qui puisse susciter des craintes, ou une charge émotionnelle qui soit trop forte, et il semblerait que ce soit quand même le cas du Front national, alors il ne faut pas hésiter à se donner les moyens de la victoire", a plaidé l'ancienne candidate à la présidentielle.   
"Si nous voulons que ce mouvement soit entendu, envisagé comme parti de gouvernement, susceptible de nouer des alliances, alors il faut que ceux qui éventuellement seraient tentés par cette alliance se disent 'Il y a un nouveau mouvement qui tient compte de cette capacité, de cette possibilité de nouer des alliances'", a-t-elle ajouté.    
"Il faut maintenant qu'il (le FN) termine sa mue" et passe de "parti d'opposition, de contestation" à un parti de "gouvernement". "Nous ne pouvons pas réfléchir en terme de nostalgie", selon la députée du Pas-de-Calais. "Un parti politique est un outil qui doit servir à arriver au pouvoir. Ce n'est pas une fin en soi".   

Les succès polonais et autrichiens de l'extrême droite

"Nous devons non seulement continuer à pointer du doigt les incohérences, les défaillances, les carences de la politique qui est mise en oeuvre aujourd'hui mais nous devons être aussi capables de présenter aux Français les projets qui sont les nôtres", a-t-elle conclu.  
Saluant les succès électoraux de partis d'extrême droite en Pologne, en Hongrie et en Autriche, où le parti FPÖ a obtenu des ministères régaliens, cette ancienne eurodéputée a affirmé pouvoir "envisager sérieusement une véritable bascule au niveau européen". "Jamais le projet que nous portons n'a été aussi près d'une réalisation effective" en Europe, selon elle.