Un pasteur demande au pouvoir de passer la main en RDC

L’église protestante a, à son tour, sévèrement critiqué le pouvoir congolais lors d’un culte de
commémoration de l’assassinat du président Laurent-Désiré Kabila, père de l’actuel chef de l’Etat congolais.
"Nous devons léguer à nos enfants un pays où tout le monde est égal devant la loi... (Il faut)… savoir passer le bâton à l'autre quand il s'agit d'une course athlétique pour gagner ensemble... L'amour ne se réjouit pas de l'injustice mais de la vérité", a déclaré dans son serment le pasteur François-David Ekofo devant des officiels congolais et la famille présidentielle dans la cathédrale protestant du centenaire.

Pour la commémoration du 17e anniversaire de l’assassinat du père du régime congolais actuel, le gouvernement, critiqué par l’église catholique qui exige l’application de l’accord politique, a choisi de prier avec les protestants.
​L’officiant du jour s’est entre autres exploité sur le texte d’Ésaïe 5:20 qui dit : "Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, Qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, Qui changent l'amertume en douceur, et la douceur en amertume! ".

Le pasteur Ekofo a, dans sa prédication, décrit la situation chaotique dans laquelle vit la RDC, dénonçant l’insouciance des dirigeants.
"Nous sommes en situation de non Etat... Quand on parcourt l'Afrique, il y a des routes qui permettent aux gens de circuler librement. Mais c'est seulement en arrivant à la frontière en RDC qu'on remarque qu'il n'y a pas de routes. Que ce soit du côté Nord ou côté Sud... Nous devons léguer à nos enfants un pays où tout le monde est égal devant la loi... Savoir passer le bâton à l'autre quand il s'agit d'une course athlétique pour gagner ensemble... L'amour ne se réjouit pas de l'injustice mais de la vérité", a décrié l’homme de Dieu.
La Première dame et la famille du président ont aussi assisté au service religieux.

Une semaine plutôt, le cardinal catholique Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa, avait, au cours d’un message vidéo, exigé "que les médiocres dégagent", dénonçant la barbarie avec laquelle les forces de sécurité ont réprimé des marches appelées par le Comité de laïcs de son église.
Ces critiques du prélat catholique lui ont valu des menaces du gouvernement qui dément que les marches du 31 décembre aient fait des morts. Mais les organisateurs et l’ONU estiment qu’au moins 6 personnes ont été tuées.
Jeudi dernier, les évêques catholiques ont appelé les Congolais à "barrer la route" à toute tentative de confiscation de pouvoir en République démocratique du Congo, au moment où les relations sont tendues entre l'Eglise et le pouvoir de Kinshasa.

Les marches étaient l’initiative du comité de coordination des laïcs catholiques. Elles ont été violemment dispersées.
Les mêmes laïcs catholiques ont, de nouveau, appelé à des marches le 21 janvier prochain. Mais le gouvernement ne les a pas autorisées.

La RDC est en crise pour non-tenue d’élections. Le président Joseph, au pouvoir depuis 2001, avec un mandat expiré le 19 décembre 2016, s’est maintenue au pouvoir alors que la Constitution ne lui autorise pas de se représenter parce que déjà élu par deux fois à la tête du pays.
La CENI a, en décembre, reporté une énième fois les élections pour le 23 décembre 2018.

Eddy Isango

VOA