Voici la réponse de Dieudonné ESSOMBA SUR LA CANDIDATURE UNIQUE DE L’OPPOSITION "Nous avons déjà trop souffert pour encourir encore l’ultime humiliation d’un homme de cet âge au sommet de l’Etat"

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SUR LA CANDIDATURE UNIQUE DE L’OPPOSITION

J’ai eu le contact d’un certain nombre de responsables de l’Opposition qui m’ont demandé leur avis sur la conduite à tenir.
J’ai eu à donner ma position sur cette affaire. Tout d’abord, ma conviction est que le système néocolonial hérité de la colonisation doit être remanié en profondeur, à travers une fédéralisation en bonne et due forme. Il s’agira de mettre fin à un système impotent qui, au nom d’une fallacieuse unité nationale administrative, a imposé un ordre d’acier sur le Peuple Camerounais.
Ce système vampirique a émasculé tout le potentiel productif de la Nation, opposé les communautés dans un face-à-face meurtrier, développé des crises économiques à répétition et créé une corruption généralisée dont l’ENAM révèle au grand jour la pourriture pestilentielle. Bien plus, le Peuple Camerounais a été mis en servage, avec l’essentiel du système productif entre les mains des Blancs et des Jaunes, sans compter les officines idéologiques de Brettons-Woods qui nous tiennent en respect. Les maigres entreprises nationales qu’avait créées l’Etat ont été toutes démantelées, et l’Etat a été interdit d’investir.
Un tel système n’est plus viable et il faut y mettre définitivement fin.
Quant à son pilote actuel, il a accumulé trop d’échecs sur échecs dans une spirale sans fin, mais surtout il est trop âgé, trop usé, trop dépassé !
Il est trop usé et trop déphasé. Dans un environnement qui change à une vitesse de l’éclair, on n’imagine pas un homme qui a eu son diplôme d’Administrateur des Colonies avant 1960 à l’Institut des Hautes Etudes d’outremer (IHEOM), qui a travaillé pendant 60 ans aux hautes charges de l’Etat, dans un environnement aussi changeant puisse encore prétendre à ce genre de poste.
Mais surtout, il est trop âgé ! Du haut de mes 60 ans om moi, je sens déjà le poids de l’âge, je n’ai jamais vu un homme de 80 ans qui soient encore en pleine possession de ses moyens. Cela n’existe nulle part et c’est clairement un mensonge, car anthropologiquement impossible ! Nous avons déjà trop souffert pour encourir encore l’ultime humiliation d’un homme de cet âge au sommet de l’Etat, avec tout ce que cela entraîne de contraintes de santé, de mobilité, de pugnacité, dans une époque où la décision se prend en temps réel !
Ce mouvement qui se dessine en sa faveur est clairement l’indication qu’une vermine autour de lui caresse la dangereuse espérance de gouverner le Cameroun en instrumentalisant son nom, à supposer d’ailleurs qu’elle ne le fasse déjà, quand on voit l’irrationalité des décisions qui sortent du Sommet de l’Etat, ce laisser-aller généralisé et cette absence de réactivité face aux événements. Il faut clairement arrêter ça : il n’est absolument pas question qu’une nébuleuse encoconne le Président et agisse en son nom derrière son trop grand âge.
C’est pour cette raison que je vais m’associer à l’Opposition pour changer la tête de l’Etat. Mais ce changement aura pour mission principale la réforme en profondeur du système sociopolitique. Je ne m’alignerai donc pas derrière des opportunistes qui viendront nous faire du Biyaïsme déguisé ! Biya lui-même a apparu comme un ange il y a 35 ans avant de dévoiler ce qu’il est réellement. Nous n’avons pas envie de répéter ce genre d’expérience et nous ne voulons plus d’anges au Cameroun.
Nous voulons désormais un système politique normal, naturel, cohérent et susceptible d’être géré sans grand risque par un Cameroun moyen : les Donald Trump, Macron et autres Shinzo ZAbe ne sont pas à proprement parler des génies ou des saints, mais ils gèrent leurs pays sans ces terribles lésions que nous inflige le Renouveau.
Nous ne voulons donc plus les « Sanaga de la pensée », les « Mont-Cameroun de l’intelligence » ou les « seuls gages de la Paix » !
Non, nous ne voulons plus des Messies !
C’est le candidat dont la préoccupation est la réforme en profondeur du système que je soutiendrai, quel qu’il soit. Cela signifie que les programmes politiques spécifiques aux partis ne m’intéressent pas, mais l’architecture du nouveau Cameroun à mettre en place. Les jeux politiques viendront après, dans ce nouveau Cameroun, et non dans celui-ci qui est devenu obsolète et dangereux et qui, de toute façon, ne peut plus fonctionner dans la paix et le développement.
N’attendons pas qu’une guerre civile ne vienne nous rappeler la nécessité des réformes.

Dieudonné ESSOMBA
Montage de Business Plan