Facebook fait face à de nouvelles accusations

figarofr: Facebook conserve des données concernant certains de ses utilisateurs.
Trois utilisateurs ont déposé une plainte en Californie contre le réseau social. Ils lui reprochent
de ne pas respecter leur vie privée en stockant des données concernant les appels et sms. Facebook ne dément pas. Selon lui, la pratique est courante.
Un scandale peut en cacher un autre. Plongé dans la tourmente suite à l'affaire Cambridge Analytica concernant la fuite des données de 50 millions d'utilisateurs, Facebook est cette fois accusé de collecter et stocker pour son propre compte l'historique des appels et les bases de données SMS des utilisateurs du système Android. Selon Reuters, trois d'entre eux ont déposé mardi une plainte en Californie contre le réseau social, l'accusant de violer leur vie privée. Ils demandent des dommages-intérêts dont le montant n'a pas été spécifié.
Le problème concerne les utilisateurs d'appareil Android et des applications Facebook Messenger ou Facebook Lite. Au moment de l'installation de ces applications, lorsqu'ils synchronisent leurs contacts, Facebook en profite aussi pour récupérer leurs données liées aux appels et aux SMS. Selon un article d'Ars Technica, qui détaille cette nouvelle affaire, les données collectées et stockées sont très précises. Il s'agit par exemple de la date, de l'heure et de la durée de chaque appel reçu ou effectué, ainsi que du nom et du numéro de téléphone de la personne qui a effectué l'appel. Le tout, parfois, sur plusieurs années. Les métadonnées sur les SMS et MMS sont aussi archivées.
Plusieurs utilisateurs ayant découvert le pot aux roses ont fait part de leur stupéfaction, à l'image de Dylan McKay, un développeur, dont le message sur Twitter a été partagé plus de 40.000 fois:

Une pratique courante

Tentant de déminer le scandale, Facebook a immédiatement réagi dans un communiqué. En aucun cas, le réseau social ne dément cette pratique. Il affirme d'ailleurs qu'elle est courante dans le milieu: «Les importateurs de contacts sont assez courants parmi les applications pour trouver plus facilement les personnes avec lesquelles vous souhaitez vous connecter», explique-t-il. Dans ce cas précis, Facebook affirme utiliser cette méthode dans l'unique but de faire fonctionner son algorithme de recommandation d'amis. «Cela vous aide à trouver et à rester en contact avec les personnes qui vous intéressent, et vous offre une meilleure expérience sur Facebook», indique le communiqué.
Le réseau social se défend également en assurant qu'il ne collecte pas ces données sans l'accord de l'utilisateur, réclamé au moment de la synchronisation des contacts. «Le téléchargement de ces informations a toujours été activé uniquement» par l'utilisateur qui peut à tout moment désactiver ce paramètre, rappelle Facebook. De même, les contenus des messages et appels ne sont pas collectés. Enfin, insiste le réseau social, «nous ne vendons pas ces informations à des tiers» et ces dernières sont «stockées de manière sécurisée».

Facebook sous pression

Ces arguments risquent toutefois de ne pas convaincre les utilisateurs du réseau social, de plus en plus frileux concernant la question du respect de leurs données personnelles. Cette nouvelle affaire vient écorner un peu plus l'image de Facebook, déjà embourbé dans le scandale Cambridge Analytica. Dans ce dossier, le groupe de Marck Zuckerberg est sous le coup d'une plainte en nom collectif déposée devant un tribunal de district de San Jose, en Californie, au nom d'une habitante du Maryland, Lauren Price. La Federal Trade Commission (FTC), régulateur du commerce aux États-Unis, a également ouvert une enquête. Facebook subit aussi la pression des instances européennes qui lui réclament des explications.
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Malgré des excuses répétées et la promesse de renforcer son système de protection des données, Marck Zuckerberg peine à convaincre. Il doit témoigner prochainement devant le Congrès américain. En attendant, le cours de l'action Facebook continue sa chute. Hier à Wall Street, le titre a perdu 4,92%. Il enregistre une perte de 18% depuis l'éclatement de l'affaire il y a un peu plus d'une semaine.