Erdogan explique en quoi les USA représentent une menace pour la Turquie

Recep Tayyip Erdogan
Les États-Unis qui soutiennent les Unités de protection du peuple kurdes (YPG) représentent l’une
des principales menaces pour la Turquie, a déclaré le Président turc. Il a également rappelé le refus de Washington d’extrader Fethullah Gulen, accusé d’être à l’origine de coup d’État avorté de juillet 2016.
Les menaces pour la Turquie sont représentées en premier lieu par ses partenaires stratégiques, a déclaré le Président turc Recep Tayyip Erdogan dans une interview pour la chaîne de télévision turque NTV, en sous-entendant que les États-Unis accordaient leur soutien aux Unités de protection du peuple kurdes (YPG).
«D'où vient la menace? En premier lieu, elle émane de nos partenaires stratégiques […] Malheureusement, les États-Unis et la coalition transmettent à titre gratuit des armes et des munitions aux organisations terroristes», a-t-il déploré.

Le Président turc a ajouté que les États-Unis avaient envoyé cinq mille camions avec des armes au nord de la Syrie, ce qui représente une menace directe pour la Turquie. M.Erdogan a également critiqué Washington pour son refus d'extrader l'ex-imam Fethullah Gulen, en commentant la demande de Washington de libérer Andrew Branson, pasteur évangéliste arrêté en Turquie pour suspicion de collaborer avec le mouvement Gulen (FETO).
«Les États-Unis doivent se souvenir des mesures qu'ils ont prises et respecter l'accord sur l'extradition, s'ils veulent que le pasteur américain Branson soit libéré», a-t-il expliqué, en ajoutant que la demande américaine était illégale.
Les autorités turques ont accusé M.Gulen de la tentative avortée de coup d'État du 16 juillet 2016, bien qu'elle ait été critiquée par l'ex-imam.
Après ce putsch avorté, environ 50.000 personnes, dont Andrew Branson, ont été arrêtées en Turquie et 140.000 fonctionnaires ont perdu leur travail. En 2017 lors d'une rencontre avec le Président turc, Donald Trump lui avait demandé de libérer le pasteur américain. M.Erdogan a, quant à lui, proposé en septembre 2017 d'échanger Fethullah Gulen contre Andrew Branson.