Erdogan prédit une série d’attentats en France si elle continue à aider les «terroristes»

Recep Tayyip Erdogan
Sur fond de tensions entre Ankara et Paris engendrées par le soutien exprimé par Emmanuel Macron
aux Kurdes, Recep Tayyip Erdogan a déclaré que les attentats ne s’arrêteraient pas en France si elle continue d’apporter son aide à des «terroristes».

Dans le cas où les autorités françaises n'arrêtent pas de soutenir les organisations kurdes considérées par Ankara comme terroristes, les Français risquent de faire face à d'autres attentats, a annoncé Recep Tayyip Erdogan ce samedi lors d'un discours à ses partisans dans la province de Denizli, dans le sud-ouest de la Turquie.
«France, tu encourages le terrorisme, le soutiens en les accueillant au palais de l'Élysée […].Tant que les pays occidentaux continueront à soutenir des terroristes, ils continueront à être la cible d'attaques terroristes en réaction», a indiqué le Président turc.
L'armée turque a lancé le 20 janvier dernier l'opération Rameau d'olivier contre les Kurdes à Afrine, dans le nord de la Syrie. Cette région est contrôlée par les Unités de protection du peuple kurde (YPG) que la Turquie considère comme terroristes. Des unités de l'Armée syrienne libre (ASL) prennent également part à l'opération. Damas a condamné les actions turques dans le canton d'Afrine, rappelant que ce territoire faisait partie intégrante du territoire syrien. Moscou a appelé toutes les parties à la retenue et au respect de l'intégrité territoriale de la Syrie.

Le 29 mars, Emmanuel Macron a reçu une délégation des Forces démocratiques syriennes (FDS), composées de combattants arabes et kurdes syriens. Il a assuré les FDS du «soutien de la France, en particulier pour la stabilisation de la zone de sécurité au nord-est de la Syrie, dans le cadre d'une gouvernance inclusive et équilibrée, pour prévenir toute résurgence de Daech* dans l'attente d'une solution politique au conflit syrien», selon l'Élysée. Au cours de l'entretien, Emmanuel Macron a également redit l'engagement de la France contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le principal mouvement kurde en Turquie, et son attachement à la sécurité de ce pays.
Cette réunion a immédiatement engendré une vive réaction de la part des autorités turques. Ainsi, le ministre turc de la Défense nationale, Nurettin Canikli, a exhorté le gouvernement français à éviter une «aventure» en Syrie.
*Organisation terroriste interdite en Russie