L'Angola libéralise les investissements étrangers

Le Parlement angolais a adopté jeudi à l'unanimité une loi qui libéralise les investissements étrangers
, en supprimant notamment l'obligation faite aux investisseurs de s'associer à un partenaire local, un texte destiné à relancer l'économie de ce pays producteur de pétrole.
La législation précédente exigeait que les étrangers investissent au minimum 50 millions de kwanza (environ 180.000 euros ou 230.000 dollars), avec au moins 35% de capital en provenance de partenaires angolais.
Ces contraintes ont été supprimées dans la nouvelle loi.
"La loi élimine effectivement l'obligation de participation de 35% des citoyens nationaux" dans les investissements privés en Angola, a déclaré le ministre de l'Economie Pedro Luís da Fonseca.
Le principal parti d'opposition, Unita, a voté en faveur de la loi. Le débat sur l'investissement privé dans le pays est "opportun" parce que "l'économie angolaise est malade", a estimé un de ses membres, Alcides Sakala.
Alcides Sakala, de l'Unita.
Alcides Sakala, de l'Unita.
"L'investissement privé peut devenir le levier générant de la richesse", a-t-il ajouté.
Le nouveau président angolais Joao Lourenço, au pouvoir depuis septembre, a fait de la relance de l'économie et de la lutte contre la corruption l'une de ses priorités.
Le pays, deuxième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne, traverse depuis plusieurs années une crise provoquée par la chute des cours du brut en 2014, de très loin sa principale ressource.

Le Parlement a également adopté jeudi une loi sur la concurrence des marchés, visant, selon l'opposition, la famille du précédent président, José Eduardo dos Santos.
Le texte a pour objectif d'"introduire des principes et des règles de concurrence saine dans la moralité" et prévoit également la création d'une autorité de régulation de la concurrence.
Avec cette loi, "nous aurons un instrument juridique qui garantira une activité commerciale rigoureuse", s'est réjoui le chef du groupe parlementaire Unita, Adalberto Costa Junior. "Nous cesserons d'avoir un marché entre les mains d'une famille et d'une élite politique, de la banque aux télécommunications", a-t-il estimé en référence à la famille dos Santos.
José Eduardo dos Santos a dirigé l'Angola pendant trente-huit ans, un règne sans partage pendant lequel il a mis l'économie du pays en coupe réglée au profit d'une poignée de proches.
Depuis son accession au pouvoir, son successeur, qui appartient aussi au parti du MPLA, a congédié de nombreux barons de l'ancien régime.
Isabel dos Santos, fille de l'ancien chef de l'Etat, a été écartée de la présidence de la compagnie pétrolière nationale, la Sonangol. Son demi-frère "Zenu" a été remercié de la direction du fonds souverain du pays. Il a depuis été inculpé de fraude.
VOA Avec AFP

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