Putsch raté au Burkina: plusieurs avocats de la défense démissionnent

Le palais de justice de Ouagadougou (photo d'archives).

Au Burkina Faso, c'était en principe ce vendredi 6 avril que le procès du coup d'Etat manqué
de septembre 2015 devait rentrer dans le vif du sujet avec l'interrogatoire des accusés. Mais l'audience a été consacrée à la lecture des lettres des avocats de la défense, en lieu et place de l'interrogatoire des accusés. Plusieurs avocats de la défense, dont ceux du général Gilbert Diendéré, ont démissionné. En tout 14 avocats ont décidé de ne plus participer au procès pour protester contre plusieurs irrégularités et l'absence des conditions d'un procès équitable. Ces avocats contestent toujours les deux juges professionnels désignés par le ministre de la Justice et le rejet de leur liste de témoins. Le président du tribunal a suspendu le procès afin que les accusés se trouvent de nouveaux avocats. Le procès a été renvoyé au 9 mai prochain.

Une douzaine d'accusés se retrouvent sans défense après le retrait de leurs avocats. Récusation du président du tribunal, rejet de la liste de témoins des accusés, les avocats de la défense dénoncent tous ce qu'ils considèrent comme des entorses à la procédure.
Maître Christophe Birba défendait l'ex-bâtonnier de l'ordre des avocats du Burkina. « Il faut que les juges que la partie civile a fait venir se déchargent du dossier, dit-il. C’est une condition non négociable. Il faut que les témoins soient entendus par le tribunal, même s’il faut prendre une année pour les entendre, c’est nécessaire. »
Selon maître Olivier Yelkouni, l'un des avocats du général Gilbert Diendéré, les conditions d'un procès équitable ne sont pas réunies : « Nous voulons que ce procès ait lieu dans des conditions qui respectent les droits élémentaires de la défense. Sinon, nous n’avons jamais, à aucun moment, bloqué ces procès. »
Le procureur militaire demande un report du procès pour permettre aux accusés de se trouver de nouveaux avocats. Même si les parties civiles accusent la défense de vouloir paralyser le procès, maître Prosper Farama se dit serein. « Ça rentre dans la ligne droite de la stratégie que la défense a adoptée depuis le début de ce procès, explique-t-il. Dans tous les cas, nous sommes persuadés que ce procès aura lieu, que nous irons au fond, que nous saurons qui a fait quoi. »
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Les avocats de la défense prévoient de porter l'affaire devant les juridictions internationales, afin que ce procès sur le coup d'Etat de septembre 2015 se tienne dans de meilleures conditions
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