RDC: les laïcs catholiques se structurent et relancent leur résistance pacifique

 

Les laïcs catholiques mettent fin à leur trêve et annoncent « de nouvelles actions pacifiques », sans préciser de date. En mars dernier, quelques jours après leur troisième grande manifestation réprimée dans le sang, le Comité laïc de coordination (CLC) avait donné jusqu'au 30 avril aux autorités congolaises pour prouver leur volonté d'organiser des élections crédibles, libres et transparentes. Pour évaluer la situation, le CLC a donc tenu lundi et mardi son premier congrès à Kinshasa, avec des participants venus de différentes provinces du pays. Dans leur déclaration finale, ils font le constat « amer » que la situation reste « préoccupante ».

L'avenir du pays est « plus que sombre » parce qu'il est « incertain », estime le CLC. Plusieurs points inquiètent les laïcs.
D'abord le calendrier. L'audit du fichier électoral n'a pas débuté, ni l'enrôlement des Congolais de l'étranger ce qui fait craindre des retards. Ensuite, « aucune » des  mesures annoncées pour décrisper le climat politique n'est véritablement appliquée, estiment les laïcs. Toujours pas d'« opposants emblématiques libérés » et une interdiction de manifester qui selon eux n'est pas levée.
Ils se méfient également de la Commission électorale, accusée de briller par son « opacité » et sa « partialité ». Bref, le CLC n'a pas confiance et redoute deux scénarios : soit un nouveau report des élections au-delà du 23 décembre, « en prenant prétexte des difficultés logistique », soit des élections à la date prévue mais « sans transparence ni crédibilité », mais validée par une Cour constitutionnelle à la solde du pouvoir.
Dans les deux cas prévient le CLC, « nous n'accepterons jamais et nous ne baisserons pas les bras ». Souvent accusé d'être une émanation du seul diocèse de Kinshasa, le Comité laïc a aussi profité de la trêve pour se structurer, d'où ce premier congrès qui s'est tenu en présence de six nouveaux représentants, désignés dans les six provinces ecclésiastiques du pays.
Par RFI