Au Cameroun, en plus du salaire, il existe un système de rémunération informel et onéreux de certains agents publics (Banque mondiale)

Au Cameroun, en plus du salaire, il existe un système de rémunération informel et onéreux de certains agents publics (Banque mondiale)
Dans une «revue des dépenses publiques» au Cameroun, présentée aux partenaires
financiers et techniques du pays, le 25 mai 2018 à Yaoundé, la Banque mondiale fait remarquer que «le niveau relativement bas de la masse salariale formelle» au sein de l’administration publique camerounaise, «masque l’existence d’un  système de rémunération non salarial discrétionnaire», qui augmente substantiellement les dépenses liées au personnel de l’Etat.
Il s’agit, souligne l’institution de Bretton Woods, des «indemnités journalières par session» accordées aux membres des nombreux comités qui existent au sein de l’administration publique, et aux membres des conseils d’administration des entreprises publiques.
Selon l’analyse de la Banque mondiale, ces «avantages informels» et «limités à une portion réduite des agents publics», sont largement supérieurs aux salaires de base pratiqués dans la Fonction publique.
Par exemple, alors qu’un fonctionnaire de catégorie A2 perçoit un salaire de base maximum de 350 000 francs Cfa par mois, contre un peu plus de 200 000 francs Cfa par mois pour son collègue de la catégorie B2 ; le membre d’un comité technique peut percevoir entre 150 000  et 300 000 francs Cfa d’indemnité de session par jour, tandis que le membre du Conseil d’administration d’une entreprise publique, lui, peut percevoir jusqu’à 550 000 francs Cfa en moyenne, au titre de l’indemnité journalière de session.
Ces avantages non contenus dans le bulletin de paie, soutient la Banque mondiale, «encouragent des pratiques de recherche de rente et contribuent au retard des processus administratifs de prise de décision». Traduction : fort de ces avantages, les bénéficiaires ne sont pas pressés de prendre les décisions nécessaires pour faire avancer les dossiers, mais préfèrent faire durer leur mandat pour amasser le plus de dividendes possible.
En outre, l’institution de Bretton Woods révèle qu’en plus de ce que ces indemnités ne sont pas liées à une quelconque performance des bénéficiaires, «la distribution et le paiement ne font pas l’objet d’un contrôle interne systématique», ce qui est susceptible d’ouvrir la voie à certaines dérives.
Brice R. Mbodiam
Investir au Cameroun