L’Etat signe des accords avec trois entreprises françaises et égyptienne pour restructurer l’agro-industriel camerounais CDC

L’Etat signe des accords avec trois entreprises françaises et égyptienne pour restructurer l’agro-industriel camerounais CDC
La restructuration de la Cameroon Development Corporation (CDC), 2ème employeur du pays après l’Etat, est en
marche. Un groupe constitué de deux entreprises françaises et une égyptienne a rencontré le 20 juin, à Yaoundé, le ministre en charge de l’Agriculture, Henri Eyebe Ayissi. Ce dernier a signé, à cet effet, un mémorandum d’entente avec les représentants respectifs de Fertilore, Tyllium ainsi que Timac Agro.
Pierre Vasseur, de Timac Agro, a indiqué à la presse que le groupe a signé un contrat de sous-traitance relatif à la fertilisation de 400 ha de bananeraies de la CDC.
Bruno Schambacher, de Tyllium, a expliqué, à son tour, que son entreprise va concevoir l’installation et la mise en service de deux usines clé en main. L’une est destinée à la production de l’huile de palme brute et l’autre, à la production du caoutchouc. Ce qui permet de relancer la production actuellement en berne. A fin mars de l’année 2018, par exemple, les exportations de bananes de la CDC ont chuté à 11 631 tonnes seulement, contre 26 840 tonnes au premier trimestre 2017, soit une baisse drastique de 15 209 tonnes.
En 2016, la CDC, elle-même, avait révélé qu’elle faisait face à une « situation critique » de son cash-flow, principalement du fait de la baisse drastique des cours de l’hévéa à l’international, et du prix de l’huile de palme sur le marché local. En effet, avait expliqué l’entreprise publique, pendant que le coût de production du litre de l’huile de palme est de 602 FCFA à la CDC, cette unité agro-industrielle est obligée de céder la même quantité du produit sur le marché local à 450 FCFA le litre, prix homologué par les pouvoirs publics depuis 2008.
Par ailleurs, bien qu’elle emploie environ 22 000 personnes dans ses plantations situées dans la région du Sud-Ouest, la CDC fait partie, selon le Fonds monétaire international (FMI), des dix-huit entreprises camerounaises « financièrement à risque ». En 2015, par exemple, cette entreprise avait affiché un résultat déficitaire de 10,53 milliards FCFA contre 5,4 milliards FCFA, l’année précédente. Aucun dividende n’avait été reversé à l’Etat.
Sylvain Andzongo
Investir au Cameroun