Bruno Tshibala à VOA Afrique: "il faut s’en tenir aux paroles du président Kabila"

Dans une interview exclusive accordée à VOA Afrique, le Premier ministre de la RDC revient sur les
grands sujets qui ont fait l’actualité dans son pays ces dernières semaines.
L’un de ces sujets, c’est l'élection avec la tenue de la présidentielle prévue le 23 décembre 2018. Le Président Joseph Kabila va-t-il sortir de sa réserve et dire clairement aux Congolais s’il sera oui ou non candidat ?
A cette question, Bruno Tshibala affirme que "les élections vont se tenir en RDC selon le calendrier publié par la CENI…et que le 23 décembre, c’est le peuple congolais qui va parler".
"Il ne s’agit pas de penser que le président Kabila va se représenter ou pas", a fait valoir le Premier ministre.
Pour lui, "il faut s’en tenir aux paroles du président Kabila".
"Ce dernier a toujours dit qu’il va respecter la Constitution", a assuré Bruno Tshibala. "Il n’est donc plus question de supputer s’il va se représenter ou pas, parce que le pays est déjà en plein dans les opérations d’enregistrement", conclut-il, preuve que le président Kabila a tenu parole selon lui.
Sur la question du rapatriement de la dépouille d’Etienne Tshisekedi en RDC, le Premier ministre Bruno Tshibala dit tenir à ce que cela ait lieu et qu’on réserve à Etienne Tshisekedi des obsèques dignes du grand homme qu’il a été.
Au cours de cet entretien, la question du respect des droits de l’homme en RDC a aussi été évoquée. Il n’y a pas longtemps de cela, le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, affirmait que les violations des droits de l'Homme perpétrées par le pouvoir de Kinshasa soulèvent de sérieux doutes quant à la crédibilité des élections.

"Une rengaine", estime le Premier ministre qui s’est insurgé contre la présentation de la RDC comme un pays où règnent des bouffons qui ne respectent pas les droits de l’Homme, qui se jouent de la vie des êtres humains. Pour le chef du gouvernement congolais, il n’en est rien de tout cela.
Le Premier ministre de la RDC est également revenu sur la qualité des rapports entre la RDC et les Etats-Unis. "C’est un pays ami", soutient-il, ajoutant qu'il n’y a pas de problèmes particuliers avec l’administration Trump. Même s’il reconnaît qu’il y a eu "quelques envolées tonitruantes" de la part de la représentante des Etats-Unis aux Nations unies.
Sur le plan des affaires, et selon M. Tshibala, la RDC est ouverte aux investissements étrangers et le gouvernement est disposé à accompagner tous ceux qui souhaitent investir dans le pays.
S’agissant de l’implication de l’Eglise dans la politique en RDC, le Premier Ministre Bruno Tshibala reconnaît que celle-ci a toujours joué un rôle dans le pays.
C’est un levier important de la lutte pour la paix et la justice, indique-t-il. Mais le chef du gouvernement congolais dit préférer une église apolitique, au service de l’évangélisation, et non une église qui essaye de créer "des mouvements subversifs pour voir du noir là où il y’a du blanc ou voir du rouge là où il y’a du vert".
Pour Bruno Tshibala, ce n’est pas le rôle l’Eglise.
Par VOA Afrique