Israël: manifestation contre la présence d'Africains à Tel-Aviv

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Environ 300 Israéliens ont manifesté, jeudi 30 août 2018 dans les rues des quartiers sud de Tel-Aviv,
contre la présence d'étrangers. Ils visaient essentiellement les dizaines de milliers d'Erythréens et de Soudanais installés dans ces quartiers populaires de la ville. Le gouvernement israélien avait adopté un plan prévoyant de les expulser vers un pays tiers en Afrique, mais ce projet a été invalidé par la Cour suprême. Certains riverains israéliens dénoncent l'inaction du gouvernement.
Avec notre correspondant à Jérusalem,  Guilhem Delteil
Le rassemblement n'était pas très grand, mais la colère bien présente. Parmi les quelques centaines de manifestants, beaucoup portaient des t-shirts revendiquant leur appartenance à un « front de libération du sud de Tel-Aviv », ou portant le slogan « la réhabilitation commence par l'expulsion ».
Une réhabilitation de ces quartiers défavorisés promise par le gouvernement. Par expulsion, comprendre celle des migrants africains qui y sont installés.
« Le temps est venu de parler ouvertement et sans se soucier du politiquement correct : nous ne voulons pas de vous ici », a lancé l'une des chefs de file de ce mouvement de protestation à l'attention des Erythréens et Soudanais vivant dans cette partie du sud de Tel-Aviv.
La classe politique dans le viseur
Les responsables politiques ont également été conspués. Un député du parti nationaliste religieux Foyer juif, membre de la coalition gouvernementale, a été exclu du rassemblement. Et un portrait du ministre de l'Intérieur a été brûlé.
En réponse, le ministre israélien du Tourisme affirme entendre la colère de ces habitants mais estime qu'elle devrait être adressée à la Cour suprême. Cette dernière avait invalidé le projet d'expulsion des migrants africains, l'exécutif étant incapable de prouver qu'il avait conclu des accords avec des pays tiers.
Plusieurs députés de la majorité dénoncent, pour leur part, des appels à la violence contre le ministre de l'Intérieur. Ils réclament ce vendredi l'ouverture d'une enquête.
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