Le dollar, une arme plus efficace que les bombes: comment les USA ont conquis le Vietnam

Hanoï, Vietnam. Photo d'archive
45 ans après la guerre, les produits, le cinéma et la nourriture américains sont très populaires à Hanoï,
où tout le monde semble avoir oublié les crimes de guerre des États-Unis.
Le Starbucks de Hanoï ne désemplit pas: il faut faire la queue pendant une demi-heure pour une tasse de cappuccino, écrit vendredi 31 août l'hebdomadaire Argoumenty i fakty. Les jeunes fument des cigarettes américaines, préfèrent les jeans des marques américaines, et l'iPhone est le smartphone le plus populaire et le plus désiré dans le pays.
Les exportations américaines vers le Vietnam atteignent 10 milliards de dollars par an. Ce qui est illogique sachant que les USA ont ruiné le Vietnam et y ont tué au moins 2 millions de civils, mais, 45 ans après, ils y exportent leurs chewing-gums et y ouvrent des fast-foods, pendant que la population locale apprend la langue des anciens occupants avec avidité.

L'hôpital de l'Université médicale de Hanoï loge des handicapés ayant des tumeurs terribles sur le visage et les jambes: il s'agit des victimes de l'Agent orange, substance toxique à base de dioxine, que les Américains avaient dispersé au-dessus des jungles pour détruire la forêt et en chasser les résistants. Cette toxine a tué 400 000 Vietnamiens, et en a rendu un million infirmes. Des années après la guerre, certains enfants vietnamiens ont toujours des maladies très graves à la naissance. La prison de Hoalo, baptisée par les prisonniers américains «Hanoï Hilton», où l'on détenait les pilotes américains dont les avions avaient été abattus, est désormais un site touristique populaire. On y voit aujourd'hui défiler des foules d'étrangers. On peut y voir des cellules pour une personne destinées aux officiers américains et même l'uniforme de John McCain.
«Le problème est le suivant, estime Fiong Dang (son nom a été modifié), qui a fait ses études d'ingénieur en URSS de 1986 à 1991 et travaille actuellement comme guide pour les touristes russes dans la station balnéaire de Mũi Né. Il existe un vieux dicton: «Il n'y a pas de forteresse qu'un chameau portant de l'or ne peut conquérir». Hélas, l'Amérique a tout simplement acheté le Vietnam. Le dollar s'est avéré une arme plus efficace que les bombes. Aujourd'hui, l'économie vietnamienne dépend des États-Unis: ils achètent nos marchandises pour 42 milliards de dollars par an. Qui voudrait perdre un tel débouché? L'Amérique n'a pas présenté ses excuses pour le massacre de millions de nos citoyens et n'a payé aucune indemnisation».
Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.
Source: fr.sputniknews.com