Le «New York Times» publie une tribune explosive d'un «résistant» contre Trump

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C’est un procédé quasi inédit : la publication d’une tribune anonyme dans le New York Times,
attribuée à un haut responsable de l’administration américaine dans le New York Times. Le signataire déclare lutter de l’intérieur contre le président américain et affirme que plusieurs membres de l’administration sont engagés dans le même combat. La tribune est anonyme, mais le New York Times connaît son auteur. Au lendemain de la parution des extraits du livre incendiaire de Bob Woodward sur le chaos qui règne à la Maison Blanche, c’est un nouveau coup dur pour le président d'autant qu'il vient de son propre camp, et le texte a suscité une réaction quasi immédiate de Donald Trump.
Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet
« Je fais partie de la résistance au sein de l’administration », entame l’auteur de la tribune. « Je travaille pour le président, mais j'ai juré de contrecarrer ses pires inclinaisons. » Le signataire dit ne pas être seul. Et pour la première fois, un haut responsable américain l’affirme : au sein du cabinet de Donald Trump l'éventualité d'actionner le 25e amendement - qui prévoit la destitution du président pour incapacité - a été évoquée.

« La racine du problème est l'amoralité du président, écrit l’auteur anonyme, nous reconnaissons pleinement ce qui se passe. Et nous essayons de faire ce qui est juste même quand Donald Trump ne le fait pas. » Et il ajoute : « Les Américains doivent savoir qu'il y a des adultes dans la pièce ».
Le président américain n’a pas tardé à réagir. Visiblement irrité, Donald Trump a dénoncé devant une assemblée de shérifs enthousiastes la lâcheté du procédé : « Personne n’a jamais fait en deux ans ce que nous avons réalisé, alors quand vous me parlez d’une source anonyme au sein de l’administration, il s’agit probablement d'un raté qui est là pour les mauvaises raisons. Et le New York Times se trompe ».  Et le président américain a une nouvelle fois conspué le New York Times, quotidien qu’il prend régulièrement pour cible. « Si je n’étais pas là le New York Times n’existerait probablement pas », a assuré Donald Trump.
Le président s’est enfin exprimé sur Twitter: «TRAHISON ?», interroge t-il avant de demander New York Times de livrer le nom de l’auteur de la tribune pour des raisons de sécurité nationale.
Quasiment au même moment la porte-parole de la Maison Blanche qualifiait l’auteur de la tribune de « lâche qui devrait démissionner ». Mais le signataire, lui, semble décidé à rester. Il se déclare conservateur, se dit fier des réalisations de l’administration, obtenues, écrit-il malgré les errances de Donald Trump.
 
Trump se défend sur plusieurs frontsLe président américain tente aussi de se défendre après la publication des bonnes feuilles du livre de Bob Woordward. Le célèbre journaliste américain, connu pour avoir sorti l'affaire du Watergate sous la présidence Nixon, publie le 11 septembre prochain un livre incendiaire sur le quotidien de la Maison Blanche. Donald Trump y est décrit comme un personnage imprévisible, inculte et paranoïaque. Bob Woodward dit avoir collecté des centaines d'heures de témoignages enregistrés pour la rédaction de cet ouvrage explosif et cite notamment des propos de proches de Donald Trump qui le décrivent comme un ignorant ou un crétin.
Le président américain, lui, dénonce une fiction. Il s'est exprimé mercredi au lendemain de la parution d'extraits de l'ouvrage. « Le livre ne signifie rien, c'est une fiction. Le général Mattis s'est déjà exprimé de manière très forte : vous savez que c'est un homme qui fait ce qu'il veut, il est très indépendant et il a été insulté par les remarques qui lui ont été attribuées et il a fait une forte déclaration à ce sujet. Je suppose que vous l'avez vue hier.
Même chose pour le général John Kelly il s'est senti insulté, il ne pouvait pas croire ce qui est écrit, il a fait une déclaration très forte. Et il y en aura d'autres. D'autres communiqués vont tomber.
Le livre est un travail de fiction. Si vous regardez le passé de Bob Woodward, il a eu le même problème avec d'autres présidents. Il aime avoir de la publicité, vendre des livres, mais nous, nous avons fait plus que n'importe quelle autre administration. En déjà moins de deux ans nous avons renforcé le pays, donc tout ce que vous avez à faire c'est regarder nos réalisations. Mais le livre est une fiction. Il est sorti à mon avis pour interférer avec l'audition du juge Kavanaugh mais cela n'a pas marché parce que beaucoup de gens cités dans le livre ont démenti avoir tenu ces propos.
Donc la Maison Blanche est forte et c'est ce dont nous avons besoin. »
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