Madagascar: le président par intérim Rivo Rakotovao défend sa neutralité

A Madagascar, la passation entre l'ancien président Hery Rajaonarimampianina et le nouveau chef d'Etat par intérim Rivo Rakotovao doit avoir lieu ce lundi. L'ancien chef de l'Etat a démissionné vendredi pour se conformer à la Constitution malgache qui exige qu'un président qui se présente à sa propre succession démissionne 60 jours avant le premier tour. Un premier tour fixé au 7 novembre. Rivo Rakotovao a dans tous les cas déjà pris ses fonctions. La Haute Cour constitutionnelle l'a désigné président par intérim dès vendredi soir. Ce matin dans une interview accordée à RFI, première prise de parole depuis sa prise de fonction, il répond aux critiques concernant sa proximité avec l'ancien chef de l'Etat. Une proximité qui l'empêcherait d'assurer une neutralité de l'Etat pendant la période électorale.

Sa proximité avec l'ancien chef de l'Etat et son parti le HVM, Rivo Rakotovao l'assume. « Bien sûr, il y a des suspicions, car tout le monde connaît mon choix en tant que citoyen, mais c'est là même qu'il faut faire la différence. Maintenant, je suis à un niveau de responsabilités où je dois accomplir ma mission en respectant la République », déclare le président par intérim.
Sa neutralité ce sont ses « actes qui la justifieront », explique-t-il. Et pour prouver sa bonne foi, le président de la République par intérim indique ne plus être membre du parti de Hery Rajaonarimampianina depuis dix jours. Si sa démission en tant que chef du HVM, il y a un mois et demi, avait été médiatisée, cette fois-ci son départ définitif du parti s’est fait en toute discrétion.
« Je ne veux plus m'immiscer officiellement dans le parti », souligne-t-il. Officieusement coupera-t-il ses liens avec Hery Rajaonarimampianina ? « Cela relève du domaine du privé », affirme-t-il. « Il y a un gouvernement de consensus donc même en Conseil des ministres il y aura des gens qui n'auront pas les mêmes tendances politiques que moi », se défend ce proche de l'ancien chef de l'Etat. Depuis le mois de juin, en effet, un gouvernement d'union nationale intégrant des ministres des deux grands partis d'opposition (MAPAR et TIM) a été mis en place.
■ Un président dépouillé de ses fonctions
La Haute Cour constitutionnelle a trouvé le moyen de réduire encore ses pouvoirs. Par exemple, il ne peut être le garant de la souveraineté, il n'est pas le chef suprême des armées, il ne peut pas nommer aux emplois de l'Etat. 
Toavina Ralambomahay, analyste politique
Julie Vandal
Par RFI