Poursuite de la grève dans le secteur public au Tchad

Les syndicats des fonctionnaires poursuivent leur grève au Tchad alors que la rentrée scolaire est
fixée au 1er octobre. Leur objectif : faire fléchir le gouvernement. Les élèves des établissements publics seront encore les plus pénalisés pour l’année 2018-2019.
La dernière rencontre entre les responsables des organisations syndicales et les membres du gouvernement a accouché encore d’une souris.
A entendre les syndicalistes, des concessions ont été faites du côté des travailleurs pour permettre de démarrer la rentrée scolaire 2018-2019 mais le gouvernement reste toujours indifférent à leurs propositions.
Des travailleurs tchadiens en assemblée générale dans leur quartier général, N’Djamena, 30 mai 2018. (VOA/André Kodmadjingar)
Des travailleurs tchadiens en assemblée générale dans leur quartier général, N’Djamena, 30 mai 2018. (VOA/André Kodmadjingar)
Michel Barka, porte-parole de la plateforme syndicale revendicative, plaide pour que le gouvernement rembourse aux travailleurs, les augmentations générales spécifiques (AGS) coupées depuis janvier 2018 même si les autres points doivent attendre.
" Si le gouvernement passe au rétablissement de ces augmentations générales spécifiques coupées, les travailleurs pourront reprendre le travail et continuer les négociations sur les autres points qui sont restés en suspens. Par exemple, les gèles des effets financiers, des augmentations et des reclassements, les frais de transport, la loi 32 etc. Malheureusement nous n’avons obtenu rien de concret et les travailleurs ont décidé de poursuivre la grève", déclare M. Barka.
Déjà, le gouvernement à travers son ministre en charge de l’Education nationale a fixé la rentrée administrative au 15 septembre et s’apprête à lancer la rentrée scolaire 2018-2019 le 1er octobre prochain.
"La validation de l’année ne se résume pas seulement sur l’organisation du baccalauréat et du brevet de l’enseignement fondamental. Il faut un scénario pour permettre aux élèves des classes intermédiaires de passer en classe supérieure avant de parler de la rentrée nouvelle", estime Blaise Ngartoidé, secrétaire général du syndicat SET pour la commune de N’Djamena.
"Pour ce passage-là, on a besoin d’avoir au moins 90 jours encore de cours pour compléter les 90 jours d’avant. A ce moment, nous pouvons parler d’une autre année scolaire", poursuit Ngartoidé.
Pour le délégué de l’éducation nationale pour la commune de N’Djamena, Abraye Dougous, cette question n’est plus d’actualité.
"Pour les classes intermédiaires, on a essayé de voir par-ci et par-là et tous les établissements ont déjà partagés les carnets à leurs élèves. Donc, je me demande de quel bulletin il est question", s’interroge Dougous.
Les élèves, premières victimes de ce bras gouvernement/syndicat se tournent vers Dieu pour trouver leur salut.

"L’année passée, on a fini avec seulement deux bulletins et franchement ça ne nous arrange pas. Je prie tous les jours que Dieu aide le président Déby à résoudre de problème. Je veux que le président paie les enseignants pour qu’on reprenne les cours dans de bonnes conditions. Les autorités peuvent faire quelque chose pour les jeunes parce qu’on est déjà énervé", implore un élève que VOA Afrique a rencontré.
Ce cri est en fait celui de beaucoup de jeunes Tchadiens désemparés, sans repère et qui voient leur avenir hypothéqué.
Même les réseaux sociaux qui permettent à cette jeunesse de se cultiver et d’être en contact avec le monde extérieur sont censurés depuis six mois sans aucune explication.
Par VOA Afrique