Succession de Johnny Hallyday : rebondissement judiciaire en Californie

INFO LE FIGARO - Le représentant américain des trusts du rocker a demandé par voie de justice
l'entrée immédiate d'une liste de dix-sept biens dans les trusts. Des motos, la moitié de la société Born rocker, ainsi que les royalties des catalogues Hallyday. Une action qui pourrait nuire au fisc français et aux aînés du chanteur.
Alors que la maison de disques Warner annonce la sortie de l'album posthume de Johnny Hallyday, Mon pays c'est l'amour (dans les bacs le 19 octobre), la bataille pour sa succession a pris un nouveau tour en coulisses. Selon nos informations, le 12 juillet, la Bank of America, qui gère au quotidien les trusts du rocker, a entrepris une action devant la cour californienne à Los Angeles. Le Figaro s'est procuré en exclusivité, ce document américain de neuf pages et en publie plusieurs extraits.

La Bank of America demande l'entrée immédiate de dix-sept biens du Elvis français dans les trusts. Les biens concernés sont détaillés dans les pages 6 et 7. Il s'agit d'abord des royalties versées par ses trois maisons de disque françaises Universal, Sony et Warner. La Bank of America demande également à ce que les 50% de Born Rocker, la société américaine qui appartiennent à Johnny Hallyday (les 50% autres sont la propriété de Laeticia Smet) et qui est censée percevoir ses revenus musicaux soient transférés dans le trust. Est concerné également, un compte en banque ouvert à Nashville par Johnny Hallyday à la Sun Trust Bank. Selon les proches de Laeticia Smet, il n'y aurait que 5000 dollars sur ce compte.
» DOCUMENT - Ci-dessous, extraits de la demande déposée devant la justice américaine le 12 juillet 2018
À ces flux financiers, s'ajoutent quatre Harley Davidson qui appartenaient à Johnny Hallyday mais également sa Lamborghini, sa Bentley et sa Cobra.
Une audience aura lieu le 25 septembre à Los Angeles. Dans le document que s'est procuré Le Figaro, le représentant des trusts certifie aux juges américains qu'il n'existe pas de contentieux lié à la succession du chanteur aux États-Unis. C'est vrai, les aînés du rocker n'ont pas enclenché de procédures outre-atlantique. En France, le procès qui oppose Laeticia Smet aux aînés du rocker est considéré comme l'un des plus importants de la décennie.
Contactés par le Figaro, les avocats de Laeticia Smet comme ceux de David Hallyday n'ont pas souhaité s'exprimer. Chaque clan a ses arguments. Les proches de Laeticia Smet estiment qu'il s'agit «d'une mesure administrative tout à fait normale et qu'il n'y a pas lieu de s'émouvoir. À sa mort, Johnny Hallyday n'avait pas donné une liste exhaustive de ses biens. Le temps de nommer un trustee (ce qui a pris plus de temps que prévu), il a fallu trois mois pour évaluer la valeur de chaque bien avant de pouvoir in fine déposer la demande devant la juridiction américaine. Tout est transparent et les biens gelés par la justice française n'y figurent pas.»
Les proches de David Hallyday ont une analyse totalement différente et considèrent eux que les «avocats de la Bank of America ont voulu prendre de vitesse la justice française, le fisc et les avocats des aînés du rocker». Et ce alors que le procès en France a été repoussé du 22 au 30 novembre. Les mêmes considèrent que la Bank of America n'agirait pas en toute indépendance. Dans les documents sur le montage financier des trusts, Laeticia Smet unique bénéficiaire du trust a tout pouvoir pour nommer le protector qui lui a le pouvoir de révoquer le gérant du trust si les actions de celui-ci ne lui conviennent pas.

Une chose est sûre: cette demande faite devant la juridiction californienne au cœur de l'été est un tournant. Pour David Hallyday. Pour Laura Smet. Mais également pour le fisc français. Une fois ces biens entrés dans les trusts, ils risquent d'être stockés comme dans un coffre-fort. Même si les aînés de Johnny Hallyday gagnent leur procès en France contre leur belle-mère, même si le fisc intente une action à son tour, ces biens risquent d'être à jamais hors de portée. Une analyse que réfutent fortement les proches de Laeticia Smet: «ces biens ne seront pas perdus dans un abîme sans fin. Ils ne sont pas en train d'être dispersés mais au contraire protégés en vue de fructifier. Si la loi française s'applique sur la succession, ces biens sortiront bien entendu du trust.»
Toujours est-il que pour l'instant, seuls trois actifs du rocker sont à la disposition de la justice française: il s'agit des droits d'auteur du rocker, de la villa de Marnes la Coquette et de la moitié de la villa Joy à Saint Barth. Ces biens sont ceux gelés par la justice française avant l'été. Les conseils de Laura Smet à l'origine de la demande de gel avaient fait une liste assez courte des actifs du chanteur. Tout simplement parce qu'ils ne connaissaient pas à l'époque (en janvier 2018) l'étendue du patrimoine du chanteur et parce qu'ils ne voulaient pas asphyxier financièrement Laeticia Smet. La liste des actifs concernés avait donc été très courte. Or comme l'avait révélé le Figaro, à l'exception de Marnes-la-Coquette, la veuve du rocker possède en son nom propre, la moitié de toutes les maisons du rocker, ce qui représente un patrimoine personnel de trente millions d'euros au minimum. Avec cette demande de transfert d'actifs demandé à la justice américaine, les aînés du rocker ont de quoi regretter d'avoir été trop gentils.
Source: LeFigaro.fr