Guerre de libération du Southern Cameroon : Le Congrès américain appelle à la libération de Sisiku Ayuk Tabe et au dialogue

Dans une résolution qu’il vient de  rendre publique, le parlement américain appelle le
gouvernement camerounais et les indépendantistes à engager des négociations sous l’égide d’un médiateur indépendant afin que prenne fin le conflit. Le Congrès américain invite également les deux parties à cesser les violations des droits humains. S’achemine-t-on vers la création de l’Etat d’Ambazonie ?
« Juger le plus vite possible ou relaxer tous les détenus de la crise anglophone, y compris les 47 activistes anglophones arrêtés au Nigéria », lit-on dans une résolution que vient de rendre publique le Congrès américain (parlement) à l’issue de sa 115e session. Allusion y est faite au président intérimaire de l’Ambazonie, Sisiku Ayuk Tabe et 9 membres de son staff. Ces derniers et près d’une quarantaine d’autres militants indépendantistes ont été kidnappés par les services secrets nigérians le 5 janvier dernier et remis aux autorités camerounaises deux semaines plus tard.
Réfugiés pour les uns, demandeurs d’asile pour d’autres, les 47 activistes anglophones sont détenus à la prison  de haute sécurité du secrétariat d’Etat à la défense à Yaoundé. Le Congrès américain appelle le gouvernement camerounais à engager une négociation franche et sincère avec les chefs traditionnels  anglophones et des religieux en vue de trouver une solution non-violente à la crise y compris en  incluant un médiateur indépendant à ces négociations. Aux combattants indépendantistes, il leur est demandé de s’asseoir avec les responsables locaux et gouvernementaux pour exprimer pacifiquement leurs griefs et s’engager de manière crédible dans des efforts non violents en vue de résoudre le conflit.
Le Congrès américain appelle tant le gouvernement camerounais que les indépendantistes anglophones à respecter les droits humains. Le parlement américain a invité le pouvoir de Yaoundé à ouvrir une enquête sur toutes les allégations de violations des droits de l’homme commises dans les régions anglophones et prendre les mesures nécessaires pour prévenir les détentions arbitraires, la torture, les disparitions forcées, les morts en détention et les conditions de détention inhumaines. Les indépendantistes quant à eux ont été invités à cesser des attaques sur les civils et à permettre la reprise des cours.

Le président par intérim de l'”Ambazonie” au milieu de deux membres de son gouvernement
Paul Biya invité à dialoguer avec les « terroristes »
En voilà une nouvelle pas très bonne pour le régime de Paul Biya, actuellement en pleine campagne pour la présidentielle du 7 octobre 2018. Les USA demandent donc à ce pouvoir réputé pour son arrogance de s’asseoir sur la même table que les Amba Boys et Sisiku Ayuk Tabe fraichement libéré ! Les thuriféraires et autres zélés de ce régime ont toujours clamé haut et fort ne pas vouloir s’asseoir sur la même table que des « terroristes sécessionnistes », des « bandits ». Pour les militants indépendantistes anglophones, il est clair que le seul point à inscrire à l’ordre du jour des négociations n’est autre que les termes de la séparation du Southern Cameroon d’avec la République du Cameroun.

Tout porte à croire au regard de certains évènements proches ou lointains que l’on s’achemine vers la création de l’Etat d’Ambazonie dont les Anglophones rêvent tant. Et cette décision du Congrès américain n’a rien d’un simple fait du hasard. Il y a quelques semaines, sur son compte Twitter, Herman J.Cohen, ancien sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires africaines a déclaré qu’il est urgent pour le gouvernement camerounais de retourner au fédéralisme de peur de faire face à la séparation pour la création de l’Ambazonie.
Le 1er octobre dernier, dans pas mal de localités du Southern Cameroon (régions anglophones du Cameroun), des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants de plusieurs localités de ce territoire ont bravé le couvre-feu décrété par les autorités administratives pour célébrer le 57E anniversaire de l’indépendance du Southern Cameroon en chantant, en dansant, en marchant, en hissant le drapeau de l’ « Ambazonie » sur des bâtiments abritant l’administration.

Une vue du Capitole, siège du Congrès américain à Washington
Un nouvel Etat africain
Autre fait et pas des moindres, le président actif de l’Ambazonie basé aux USA, Samuel Ikome Sako, est attendu dans les prochains jours devant la Commission Décolonisation des Nations Unies. Des informations non dépourvues de crédibilité font état de ce que l’Ambazonie va également inclure le Northern Cameroon. Il s’agit de la partie nord du British Cameroon qui, en février 1961, a choisi à l’issue d’un plébiscite organisé par l’ONU, de se rattacher au Nigéria.
En effet, le journal The Global Times Magazine of Nigeria paru le 15 décembre 2013, annonçait déjà l’imminence d’un nouvel Etat africain réunissant le Southern Cameroon et le Northern Cameroon. D’après le journal, le Nigéria a perdu à cette époque 16 localités de 5 Etats fédérés pour le compte de cet Etat à venir. Le confrère nigérian rapportait à l’époque que le 21 octobre 2013, des troupes de l’ONU et anglaises sont arrivées de Tiko pour Bakingili (Southern Cameroon) afin de redéfinir les frontières de ce nouvel Etat.
D’après d’autres informations que www.hurinews.com n’a pas pu vérifier, le ministre camerounais de la Défense, Joseph Beti Assomo a  tenu, il y a plus d’une semaine à Yaoundé, une réunion (au cours de laquelle il a été victime d’un malaise et transporté à l’hôpital) avec des émissaires des Nations Unies et de l’Union africaine qui, selon nos informateurs, lui demandaient de retirer les soldats camerounais du Southern Cameroon avant l’élection du 7 octobre prochain. Le ministre aurait promis de le faire plutôt après les élections.
Michel Biem Tong 
Source:hurinews.com