CAN 2019 : le Cameroun n’a plus d’argent pour poursuivre les travaux des infrastructures.

Classé 121 me sur 140 dans le classement des pays qui offrent les meilleurs opportunités
d’investissements, le Cameroun ne rassure plus les investisseurs, 10 millions de dollar d’IDE l’année 2017  contre 4 milliards de dollars pour l’Ethiopie.
Alors que nous sommes à deux mois du délai prévu par  la Confédération africaine de football pour la présentation des infrastructures de la CAN 2019,le Cameroun, plus que jamais a besoin d’argent, ce autant plus que la Chine a décidé de ne plus décaisser pour ce pays d’Afrique centrale
150 milliards de FCFA, c’est le montant de l’emprunt obligataire que l’état du Cameroun prépare .Comment rassurer les épargnants qui depuis 2016 manifestent des signes de méfie des risques très élevés, raison pour lesquelles le taux d’emprunt devient de plus en plus élevé. En fin d’année 2016, lors de l’émission d’emprunt obligataire de 150 milliards de FCFA, le Cameroun n’avait pu récolter que 112 milliards FCFA. Lors de l’émission de l’euro bond par le Cameroun le 19 Novembre 2015, le pays avait obtenu à peine 650 milliards au taux hyper élevé de près de 10 %.Pendant ce temps, le Sénégal sollicitait 2 milliards de dollar et a levé 2,2 milliards avec un taux d’intérêt de 4,7 % sur 10 ans.
Les infrastructures de la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN), que le Cameroun organisera en juin 2019, vont engloutir 107 milliards de francs CFA sur les 150 milliards de francs CFA que le gouvernement s’apprête à mobiliser .70 % de cet argent ira dans les infrastructures de la CAN ,avec une enveloppe globale de 62 milliards de francs CFA sera affectée au financement des travaux finaux du complexe sportif d’Olembe (banlieue de Yaoundé), de ses stades annexes et ses voies d’accès (36 milliards FCFA) ; ainsi que le complexe de Japoma (banlieue de Douala), ses annexes et ses voies d’accès (26 milliards FCFA). En plus du complexe de Japoma, dans la capitale économique du pays, le stade de la Réunification recevra une dotation de 8 milliards de francs CFA pour des travaux de réhabilitation. Notons que ces infrastructures principales sont faites de matériaux préfabriqués importé qui font perdre au Cameroun des points de croissances.
Sous contraintes des bailleurs de fonds, alors que la souveraineté économique du pays est  confiée  au FMI depuis l’accord triennal de 2016, l’échec dans l’atteinte des objectifs du FMI pour l’année 2017 accroit le doute sur les capacités du Cameroun à honorer ses engagements en matière de remboursement de la dette.
Du 03 au 04Septembre 2018, Paul Biya était en Chine avec une délégation gouvernementale pour assister au forum Chine Afrique. Lors de la rencontre bilatérale, le président Biya a demandé aux Chinois d’annuler la dette vis-à-vis du Cameroun. Un acte humiliation selon les analystes qui estiment que de tels propos ne rassurent plus aucun créancier sur la capacité du pays à rembourser ses dettes. Notons qu’après l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE en 2007, le Cameroun avait opéré un virage vers la Chine avec la visite historique du président chinois au Cameroun. En quelques années, la Chine est devenue le premier créancier du pays, elle a investi en  10 ans plus de 6 milliards de dollars. L’empire du milieu finançait 70 % des infrastructures du pays avec parmi, ceux de la CAN 2019.
Albin Njilo
Par camerounliberty.com