Chine: le fondateur d'Alibaba fustige la «stupidité» de la guerre commerciale

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Le nom de Donald Trump n’a pas été cité, mais c’est bien le président américain que visait Jack Ma
depuis la première foire internationale chinoise des importations qui se déroule en ce moment à Shanghaï. « La guerre commerciale est la chose la plus stupide du monde » a déclaré le fondateur du géant chinois du site de e-commerce lors d’une table ronde, et ce alors que l’escalade des tarifs douaniers entre la première et la deuxième économie du monde plombe la croissance mondiale.
Avec notre envoyé spécial à Shanghaï, Stéphane Lagarde
Le fondateur d’Alibaba n’a jamais été un adepte de l’économie planifiée, et c’est encore en champion chinois de la mondialisation que Jack Ma s’est adressé aux chefs de gouvernements et aux grands patrons présents à la foire de Shanghaï : « Le commerce, c’est la paix… le commerce permet de communiquer… personne ne peut arrêter le libre-échange ! »
A l’unisson du président chinois Xi Jinping qui inaugurait l’événement quelques heures plus tôt, l’homme le plus riche de Chine a repris les éléments de langage ressassés par Pékin depuis maintenant plusieurs semaines auprès de ses hôtes étrangers, dénonçant les politiques qui mènent au « protectionnisme », à « l’isolement » et à la « loi de la jungle ».
Une attaque directe contre le président américain dans la dernière ligne droite des Midterms aux Etats-Unis. Cette première foire des importations se voulant une démonstration de l’ouverture du marché chinois, mais aussi une tribune ouverte contre Washington. A Shanghaï, le régime chinois fait le tri des « amis » en fonction de leur présence ou non à l’événement ; si près de 200 entreprises américaines sont inscrites à l’exposition de Shanghai, la Maison Blanche n’a pas envoyé de représentants officiels.
Une occasion de distribuer les bons points et les commandes : Jack Ma s’est ainsi engagé à vendre du bœuf français, du luxe italien ou du riz thaïlandais sur la plateforme Alibaba. Le superman de la vente en ligne avait également promis de créer un million d’emplois aux Etats-Unis. Une promesse sur laquelle il est revenu en septembre, en raison de… « la chose la plus stupide au monde ».
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