«Je n'ai pas réussi» : les cinq mea culpa d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron à son QG de campagne, à Paris, le 18 avril.
LE SCAN POLITIQUE- «Je n'ai pas vraiment réussi à réconcilier le peuple français avec
ses dirigeants», a admis mercredi soir le président de la République. Le dernier d'une série de cinq aveux d'échec.
S'excuser, au risque de se décrédibiliser? L'acte de contrition n'est pas chose aisée pour un président de la République, garant d'une autorité et d'un cap. Emmanuel Macron s'y est pourtant essayé à cinq reprises depuis son arrivée à l'Élysée. De son aveu d'échec à tenir sa promesse de ne plus voir personne «dormir dans les rues», jusqu'à son regret de ne pas avoir «vraiment réussi à réconcilier le peuple Français avec ses dirigeants», mercredi soir, passage en revue des mea culpa présidentiels.

● Février: «Pas réussi» à loger tous les sans-abri
«Nous n'avons pas réussi». En février dernier, Emmanuel Macron reconnaît ne pas avoir honoré sa promesse formulée en juillet 2017, dans un discours sur l'accueil des migrants, de «ne plus (...) avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois» d'ici la fin de l'année. «Cela reste un objectif», poursuit-il devant l'Association de la presse présidentielle. «Nous y mettrons tous les moyens mais ça n'est pas un sujet purement immobilier. Quand on laisse dix ans des gens dans une chambre d'hôtel on ne leur rend pas service. Ça ne construit pas un parcours d'entrée dans la République.»

● Juillet: Embaucher Benalla, une «erreur»
Presque dix jours après le début de l'affaire Benalla, du nom de ce chargé de mission de l'Élysée filmé en train de frapper un manifestant, Emmanuel Macron formule une réponse ambivalente. Il dit ne pas regretter d'avoir embauché le jeune homme, mais admet «une erreur». «Est-ce que je le regrette? Non, parce trouve que je trouve que c'est bien que quelqu'un comme ça ait pu avoir sa chance dans les équipes de l'Élysée», explique-t-il au micro de France Bleu Béarn. «Mais manifestement, j'ai aussi fait une erreur en faisant cela. Mais qui n'a pas embauché quelqu'un qui, à un moment donné, fait une faute?». Un mea culpa renouvelé mercredi soir: «Je ne suis pas parfait. J'ai peut-être commis une erreur en choisissant tel ou tel», a-t-il déclaré sur TF1.

● Septembre: «Gaulois réfractaires», «une erreur»
En comparant les Français, des «Gaulois réfractaires au changement», et les Danois, un «peuple luthérien» ouvert aux transformations, dans un discours à Copenhague (Danemark) en août dernier, le chef de l'État s'est attiré les critiques des oppositions. «Un trait d'humour», s'est-il défendu dans la foulée. Avant de concéder, fin septembre, avoir commis «une erreur». «Le peuple français - je l'ai dit parfois avec humour, ça a été mal compris -, ce n'est pas la même chose que le peuple danois», a expliqué le chef de l'État dans l'émission «Quotidien» sur TMC. L'expression «Gaulois réfractaires» a-t-elle été mal comprise? «Oui, mais c'est une erreur. Et je l'assume».

● Octobre: «J'ai pu déranger ou choquer»
Tout en assurant poursuivre les réformes sans revirement, Emmanuel Macron esquisse un aveu contrit, le soir du remaniement gouvernemental, en octobre dernier. «Parfois, par ma détermination ou mon parler vrai, j'ai pu déranger ou choquer certains: j'entends les critiques», admet le chef de l'État dans une allocution depuis l'Élysée. Une référence à sa dernière réponse polémique, formulée un mois plus tôt à un jeune horticulteur au chômage. «Il y a des tas de métiers... Il faut y aller! Hôtels, cafés, restaurants, je traverse la rue, je vous en trouve!», avait déclaré le chef de l'État dans les jardins de l'Élysée, pendant les journées du patrimoine. L'une de ces formules percutantes que le président appelle «parler vrai».
● Novembre: «Pas vraiment réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants»
C'est l'aveu d'échec le plus sévère depuis le début du quinquennat. Si Emmanuel Macron estime que son «constat» dépeint pendant la présidentielle «est le bon», et qu'il n'a pas l'intention de «changer de ligne», il a admis mercredi soir une erreur lourde de sens. «Je n'ai pas vraiment réussi à réconcilier le peuple Français avec ses dirigeants (politiques)», a-t-il déclaré au journal de 20 heures de TF1. «Cela me touche profondément», a-t-il confié, estimant que la question de sa «seule personne» n'était «pas grave», mais que le mal était selon lui «plus profond». Ce «divorce», qu'il constate «dans toutes les démocraties occidentales, l'«inquiète». «Je considère que je n'ai pas réussi cette réconciliation entre la base et le sommet. C'est le cœur de ce qui m'attend pour les mois à venir», a-t-il lancé, évoquant un «vaste programme» qui «requiert la mobilisation de toute la nation».
Source: lefigaro.fr