On veut «me neutraliser»: le ton monte entre l’Élysée et Benalla après son voyage au Tchad

Alexandre Benalla
Alexandre Benalla se dit «choqué» par les propos tenus par l’Élysée suite aux révélations du Monde
sur son voyage au Tchad. L’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron accuse la présidence française de vouloir le «neutraliser».
L'ancien conseiller du Président Macron a qualifié de «diffamatoires», «calomnieux» et «irresponsables» les propos tenus par l'Élysée qui affirmait qu'il n'était en «aucun cas un intermédiaire officieux ou officiel» et qu'une enquête interne avait été diligentée pour savoir s'il avait pu «profiter de son titre» à des fins personnelles lors de son déplacement au Tchad.
«Je suis particulièrement choqué et scandalisé par les propos irresponsables tenus par l'Elysée, sous-entendant que j'aurais, dans le cadre de mes déplacements en Afrique, pu me prévaloir d'une fonction, d'un titre, ou d'un pouvoir aux fins de démarchages professionnels», a-t-il déclaré dans un communiqué transmis mercredi à l'AFP.

En accusant «certaines personnes au plus haut sommet de l'État» de vouloir le «faire taire» ou de le «neutraliser», Alexandre Benalla s'est dit prêt à charger ses «avocats de saisir le procureur de la République» à la suite de ces dernières révélations.
Il a également expliqué sa présence au Tchad quelques semaines avant le déplacement d'Emmanuel Macron dans ce pays par le fait qu'il n'exerçait «aucune fonction depuis le 1er août 2018».
«Je suis allé au Tchad, accompagnant une délégation économique étrangère dans le cadre d'investissements qu'ils vont effectuer sur place, l'ensemble des frais concernant ce voyage a été pris en charge par le chef de cette délégation», a-t-il précisé.
Selon lui, il s'agit d'un «concours de circonstances».
«C'est un concours de circonstances. Je ne savais pas que le Président de la République se rendait au Tchad quelques jours plus tard», a-t-il conclu.
Il a assuré avoir «informé la plus haute autorité française de l'ensemble» de ses déplacements à l'étranger. Selon la présidence française citée par l'AFP, Alexandre Benalla «n'a pas informé l'Élysée de ses déplacements avant de les effectuer, mais uniquement de manière récente la semaine dernière».
Cependant, de nombreux internautes n'ont pas cru aux paroles de l'ancien conseiller du Président français.
Dans un article publié le 24 décembre, Le Monde affirme qu'Alexandre Benalla, mis en examen pour «violences volontaires», s'est rendu au Tchad juste avant le Président français et y a rencontré Oumar Déby, directeur général de la Réserve stratégique tchadienne et frère du Président Idriss Déby. Le journal cite notamment la réaction de l'Élysée qui a pris ses distances avec M. Benalla.