Cameroun:Qui sont les sécessionnistes ?

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La nature a horreur du vide, disait Aristote. Paul Biya doit le redouter lui aussi, ce 7 octobre 2018,
alors qu’il glisse son bulletin dans l’urne. En ce jour de présidentielle, le chef de l’état camerounais sait que les yeux qui l’observent à Yaoundé sont également tournés vers les régions anglophones du pays. Mais dans le Nord-ouest comme dans le Sud-ouest, à l’heure où les Camerounais sont censés se diriger vers les bureaux de vote, les rues sont désertes. Quelques badauds pressent le pas à Bamenda, mais plusieurs coups de feu éclatent. Des hommes en armes tirent en l’air afin d’effrayer une population déjà cloîtrée.
Les forces de l’ordre, déployées dans l’espoir de sécuriser le scrutin, répliquent. Trois morts, des Ambazoniens – le nom que se sont donné les séparatistes anglophones. Depuis des semaines, ceux-ci ont appelé au boycott de l’élection. Ces rues désertes, ces coups de feu, ce sont leurs victoires. Ils se félicitent sur les réseaux sociaux, Whatsapp en tête. Les messages s’échangent, joyeux et déterminés : leurs menaces ont porté leurs fruits. Pour eux, le vide des urnes est plein d’espoir. Ils ont « fait reculer Paul Biya » et ce qu’ils appellent la République du Cameroun, cette « puissance étrangère » qui « occupe illégalement [leur] terre ».
Comment en est-on arrivé là? Avec la multiplication des mouvements armés depuis le début de l’année 2017 (Red Dragons, Amba Boys, Vipers, Seven Karta, etc.), le conflit a fait, en deux ans, plus de 160 morts parmi les forces de sécurité et plus de 400 civils ont été tués. Le constat est implacable : même si tout a commencé fin 2016 avec des revendications d’avocats et d’enseignants, ce sont les sécessionnistes armés qui ont depuis gagné du terrain...(La suite dans le journal Jeune Afrique)