RDC: l’Occident « rejette » la nomination de Félix Tshilombo Tshisekedi par la CENI, et exige le recomptage des procès-verbaux

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La France met en doute la conformité des résultats proclamés, la Belgique et les Etats-Unis
évoquent le recomptage des voix, le Conseil de Sécurité de l’ONU exige le recomptage des procès-verbaux !
Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Corneille Nangaa, a exhorté vendredi le Conseil de sécurité de l’ONU à soutenir les nouvelles autorités élues en République démocratique du Congo, mettant en garde contre une annulation du scrutin.
«  Nous avons aujourd’hui un président élu » et les nouvelles autorités «  doivent être soutenues par la communauté internationale », a-t-il déclaré lors d’une liaison vidéo avec le Conseil de sécurité.
Annuler l’élection ?
«  Pour les contentieux, il n’y a que deux options », a poursuivi le responsable congolais. « Soit confirmer les résultats de la Céni, soit annulé l’élection. Annuler l’élection voudrait dire que les institutions en place se poursuivraient », a-t-il souligné, évoquant implicitement le pouvoir du président sortant Joseph Kabila depuis 2001.
Dans une séance spéciale publique consacrée à la RDC, la Cenco a exhorté le conseil de sécurité des nations unies à œuvrer  pour exiger à la CENI le récomptage des PV de l’élection présidentielle du 30 Décembre dernier , conformément aux textes légaux qui régissent la République Démocratique du Congo et aux données de compilation de sa mission électorale. Cela pour éviter tous les doutes et apaiser les esprits.

Le ministère des Affaires étrangères américain (department of State) a pris note, dans son communiqué, de l’annonce des résultats de la présidentielle en RDC.
Il a surtout tenu à souligner le courage, la patience et la détermination du peuple congolais.
Sa patience vis-à-vis de l’organisation de ce scrutin qui s’est finalement déroulé avec deux ans de retard mais aussi sa détermination et son courage le jour même du scrutin suite aux problèmes d’organisation, aux soucis techniques, au matériel électoral manquant,… Le Département d’Etat salue aussi la détermination des gens de Beni et Butembo, empêchés de voter mais qui ont tout mis en œuvre eux-mêmes pour exprimer leur voix.
Enfin, un petit mot pour féliciter Joseph Kabila pour avoir accepté de respecter la Constitution et de céder pacifiquement son siège présidentiel.
La Ceni n’est pas oublié. Le département d’Etat salue la publication des résultats provisoires mais il ajoute immédiatement : « nous attendons des éclaircissements sur les questions soulevées concernant le décompte électoral. »  Avant de poursuivre en expliquant : « Les États-Unis notent que les parties prenantes ont la possibilité de demander une révision des résultats provisoires annoncés afin de s’assurer qu’ils reflètent la volonté du peuple congolais exprimée dans l’urne ».
Washington montre la voie à suivre pour tenter d’obtenir la vérité sur ce vote et tenter d’éviter toute flambée de violence. La première journée post-élection a déjà été marquée par des affrontements dans certaines villes, dont Kikwit où l’on déplore déjà au moins 11 morts dont quatre policiers.
 L’opposant Félix Tshisekedi a été déclaré par la Céni vainqueur de la présidentielle du 30 décembre en République démocratique du Congo, un résultat mis en doute par l’Occident et l’Eglise catholique, très influente dans le pays.
Un autre opposant congolais, Martin Fayulu, convaincu d’avoir gagné, a annoncé qu’il allait saisir samedi la Cour constitutionnelle afin d’exiger le « recomptage des voix ».
La représentante spéciale du secrétaire Général des Nations unies en RDC, Leila Zerrougui  qui a participé à cette séance spéciale, via liaison vidéo, depuis Kinshasa, a insisté sur la responsabilité de tous les acteurs pour un apaisement et a invité les contestataires à user de tous les moyens légaux pour le recours en contentieux électoral.
L’appel des Évêques intervient après celui de la France et de l’Union Européenne qui ont réitéré leur position dans ce sens notamment en soulignant la nécessité de crédibiliser le processus.

Pourquoi le résultat est-il controversé ?
Ce n’est pas le poulain de Joseph Kabila qui a été proclamé vainqueur. Pourquoi aurait-on trafiqué les chiffres en faveur d’un opposant, et contre l’autre? Il y a une double explication.
La Conférence nationale épiscopale du Congo (Cenco) a demandé vendredi à l’ONU de faire publier les procès-verbaux du scrutin présidentiel controversé du 30 décembre par la Commission électorale congolaise (Céni), qui a réclamé de son côté un soutien international au président élu.
La Cenco souhaite que « le Conseil de sécurité demande à la Céni la publication des procès-verbaux pour enlever les doutes et apaiser les esprits », a déclaré Mgr Marcel Utembi, lors d’une liaison vidéo avec les 15 membres de la plus haute instance de l’ONU. « Les résultats tels que publiés ne correspondent pas aux données collectées par la mission d’observation de la Cenco », a-t-il ajouté.
L’opposant Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur par la Céni, un résultat mis en doute par l’Occident et l’Eglise catholique, très influente dans le pays. Cette dernière n’a pas dit qui a gagné selon son propre décompte, mais a laissé entendre qu’il s’agirait d’un autre opposant, Martin Fayulu, qui compte exiger samedi un « recomptage des voix ».
A l’opposé, le président de la Céni, Corneille Nangaa, qui a finalement décidé de répondre positivement à l’invitation du Conseil de sécurité, en a profité pour s’en prendre à la conférence épiscopale, mettant en cause sa méthodologie et même le nombre de ses observateurs accrédités. Corneille Nangaa a également exhorté le Conseil de sécurité à soutenir les nouvelles autorités élues — et cela sans même attendre la publication des résultats définitifs — mettant en garde contre une annulation du scrutin. « Nous avons aujourd’hui un président élu » et « il est maintenant temps pour les nouvelles autorités d’être soutenues par la communauté internationale », a-t-il dit par vidéo-conférence, en laissant entendre qu’une éventuelle annulation du scrutin reviendrait à maintenir au pouvoir le président sortant Joseph Kabila, à la tête du pays depuis 2001.
Gilbert Bosole,  Pour Télé 24 live Kinshasa