RDC : Martin Fayulu saisit la Cour africaine des droits de l’homme

Alors que le président Félix Tshisekedi est d'ores et déjà investi, Martin Fayulu l'opposant et candidat
malheureux à la présidentielle congolaise ne renonce pas. Après avoir saisi la Cour constitutionnelle, il fait désormais appel à la Cour africaine des droits de l’homme pour « réclamer la vérité des urnes ».
Quinze jours après l’investiture du président congolais Félix Tshisekedi, Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle n’en démord pas. Il a déposé une requête à la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples « pour faire rétablir ses droits », a indiqué Fidèle Babala, secrétaire général adjoint du Mouvement pour la libération du Congo (MLC, de Jean-Pierre Bemba) et porte-parole de la coalition électorale Lamuka (« réveille toi », en linguala).

Lamuka mise sur la jurisprudence

« Cette cour a une jurisprudence. Elle a déjà condamné d’autres pays pour tricherie et pour cas de vol électoral. J’espère qu’elle sera constante dans sa jurisprudence et qu’elle fera en sorte qu’une recommandation et une résolution soient émises à l’endroit de la RDC pour qu’on respecte la vérité des urnes, » a déclaré Fidèle Babala.
Le porte-parole de Lamuka qualifie de « honteux » la reconnaissance de la victoire de Félix Tshisekedi par la majeure partie de la communauté internationale, après la confirmation des résultats de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) par la Cour constitutionnelle.
Une décision qu’avait fortement contesté Martin Fayulu en accusant la Cour constitutionnelle, au même titre que la Ceni, d’être « au service d’un individu et d’un régime dictatorial qui ne respecte ni les lois de la république ni les règles les plus élémentaire de la démocratie et de la morale ».

Fayulu refuse la « main tendue » de Tshisekedi

« Il y a aujourd’hui une situation établie. Il faut à mon avis coopérer avec le Congo et ses autorités pour aider le pays à sortir de ses difficultés, » avait dit le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.
« C’est le peuple congolais qui est souverain primaire. Il a choisi un président mais vous, vous dites : on fera autrement. C’est inadmissible. Mais nous, nous allons poursuivre notre combat pour la vérité des urnes jusqu’au bout », a affirmé Fidèle Babala.
Alors que Félix Tshisekedi – qui a remporté l’élection présidentielle avec 38,57 % des voix selon les résultats de la Ceni – a tendu la main à Martin Fayulu, qu’il a qualifié de « soldat du peuple »,  ce dernier a de son côté appelé à la désobéissance civile contre ce qu’il qualifie de « putsch électoral ».
Par Jeune Afrique