Venezuela: les défections s'accumulent dans le camp Maduro


Plus les heures passent et plus ils sont nombreux à reconnaître Juan Guaido comme étant le président
légitime de la République du Venezuela. Depuis qu'il s'est autoproclamé président par intérim le 23 janvier, des diplomates vénézuéliens aux Etats-Unis, mais également des soldats l’ont reconnu dans des messages vidéos diffusés sur de très nombreux réseaux sociaux. Juan Guaido avait appelé les fonctionnaires, au même titre que l’armée, à se ranger du côté de la Constitution. Et ce samedi, ce sont deux personnalités du régime chaviste qui ont décidé de franchir le pas.
Les défections s’accumulent dans le camp du président Nicolas Maduro. Après le message posté ce samedi sur les réseaux sociaux par le général de l’armée de l’air Francisco Yanes, qui reconnait la légitimité de Juan Guaido pour assumer la présidence du Venezuela, c’est un ambassadeur qui lui a emboité le pas. Il s’agit de Jonathan Velasco, ambassadeur en Irak.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux ce dernier explique, au nom de la représentation diplomatique vénézuélienne à Bagdad, qu’il ne souhaite plus être complice d’un régime de despotes, un régime dictatorial qui a usurpé le pouvoir.
« L'ingénieur Juan Guaido a le droit et le devoir constitutionnel d'assumer la présidence de la République. Monsieur le président Guaido : vous êtes du bon côté de l'histoire, du peuple et de la Constitution. C'est la raison pour laquelle nous nous plaçons au service de l'Etat que vous représentez et dirigez constitutionnellement. Nous appelons à la réflexion les citoyens qui exercent ou ont exercés des fonctions d'Etat ou de gouvernement: en défense de la Constitution et du peuple elles doivent franchir le pas pour être du côté de la Constitution, de l'histoire et du peuple », a déclaré le diplomate.
A l’image du général Francisco Yanes qui, après avoir reconnu Juan Guaido, a été accusé d’être un traître et de faire l’objet d’enquête de la justice vénézuélienne, Jonathan Velasco ne devrait pas échapper à ce type de communication de la part des autorités vénézuéliennes, même si pour l’instant, ces dernières n’ont pas encore réagi à cette nouvelle défection.

Caracas en manque de liquidités
Les autorités vénézuéliennes sont par ailleurs confrontées à un manque criant de liquidités. Ce que confirme sa transaction avec la société Noor Capital, basée à Abu Dhabi, qui a confirmé ce weekend - après plusieurs jours de silence - avoir procédé à l'achat de 3 tonnes d’or des réserves de la Banque centrale vénézuélienne, en échange de devises.
Une opération très critiquée par les opposants au régime, ce qui a poussé Noor Capital à annoncer qu’elle ne mènerait plus aucune transaction de ce type avec l’Etat vénézuélien tant que la situation ne serait pas stabilisée. Ce, alors même que 29 tonnes d'or devaient encore être cédées d'ici à la mi-février, d'après Reuters.
La fuite des capitaux, est l’un des thèmes récurrents de la crise vénézuélienne. D'ailleurs, même au sein de la banque centrale vénézuélienne une résistance semble se mettre en place. Certains employés refusent que les actifs vénézuéliens soient dilapidés. Deux d’entre auraient été limogés la semaine dernière car ils refusaient de laisser sortir l’or de l’institution bancaire.
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