Les investisseurs misent toujours plus sur les start-up africaines.

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Les investisseurs misent toujours plus sur les start-up africaines.

Selon un tout récent rapport du fonds de capital risque Partech Africa, les entreprises de la Tech africaine ont « levé » un peu plus d'1,16 milliard de dollars d'investissements en 2018, soit plus du double de l'année précédente.
Dans le monde de l'innovation technologique, le nombre de levées de fonds, que l'on compte en « tours de table », et les sommes engagées sont un bon indicateur de l'état de santé d'un secteur. Or si l'on se réfère à la dernière étude publiée par le fonds de capital risque Partech Africa, on ne peut tomber que dans un optimisme béat : selon celui-ci, en un an, les start-up africaines ont réussi à réunir plus d'1,16 milliard de dollars (1,03 milliard d'euros), un record absolu quand on sait qu'en 2017, ce montant n'était « que » de 560 millions*.
Les start-up d'Afrique francophone ne convainquent pas
Pour Tidjane Dème, l’un des auteurs du rapport, on est pourtant loin de l'emballement irrationnel qui ferait naître une nouvelle bulle. « Les start-up africaines, en s’attaquant à des problèmes structurels, créent de larges opportunités, assure-t-il. Elles génèrent bien plus que des optimisations marginales [elles favorisent] des transformations profondes, créant ainsi beaucoup de valeur. »
Cette progression, aussi fulgurante soit-elle, reste cependant inégale et il n'en va pas de même à Lagos qu'à Dakar. Dans le classement par pays, trois s'accrochent solidement au podium : le Kenya, le Nigeria et l'Afrique du Sud. Trois pays à la réputation bien établie sur la scène technologique africaine, « trois hubs qui laissent peu de place au reste du continent », constate Tidjane Dème.
Bien loin derrière arrivent en effet les pays de l'espace francophone. La comparaison est même cruelle : quand les start-up kényanes parviennent à réunir 348 millions de dollars (309 M d'euros) à elles seules, celles d'Afrique francophone, tous pays confondus, n'en comptent que 54 dans leur escarcelle. Pire, ce chiffre est en légère baisse.
« On a une vraie culture du marché et de la désintermédiation dans les pays anglo-saxons et par extension, culturellement, dans des pays comme le Kenya ou l’Afrique du Sud, analyse Valérie-Noëlle Kodjo Diop, responsable de l’innovation pour la région Afrique, Méditerranée et Outremer à la Société Générale. Ces pays sont aussi plus attractifs du simple fait de la langue : il faut pouvoir interagir avec un écosystème qui est anglophone, surtout lorsqu’il s’agit d’accès aux liquidités. »