Algérie: La traque des avoirs du clan Bouteflika commence en Suisse

Un avocat fribourgeois vient de demander le blocage des fonds algériens acquis
illicitement par les élites d'Alger.
Alors que les caciques du régime s’accrochent au pouvoir, la traque aux «avoirs du peuple algérien détournés illicitement par le clan Bouteflika» a commencé. L’avocat fribourgeois d’origine algérienne Lachemi Belhocine vient d’entamer des démarches auprès de la Chancellerie fédérale pour obtenir le blocage des comptes enregistrés auprès de banques suisses.
D’autres plaintes devraient suivre, toujours en Suisse mais aussi à l’étranger. «Je ne suis que le maillon d’une chaîne. En France, au Canada et en Espagne, d’autres actions vont être également menées pour identifier les biens acquis par les membres du clan au pouvoir avec l’argent volé au peuple algérien», explique l’avocat.
En contact étroit avec la diaspora algérienne présente en Suisse, Lachemi Belhocine s’estime personnellement concerné par ce qui est en train de se passer en Algérie. Et de poursuivre: «L’attitude du clan Bouteflika à l’égard du peuple algérien a été tellement injuste qu’on ne peut pas rester les bras croisés. Lancer les procédures pour récupérer l’argent volé est notre façon de rendre hommage au combat de cette jeunesse pacifique qui défile tous les vendredis».
«Insulte à l'humanité»
Parmi les injustices qui le font sortir de ses gonds, il y a cette indemnité de 20 euros par mois accordée aux adultes handicapés. Une misère. «Comment accepter cela alors que dans le même temps certains s’achètent des maisons à 80 millions d’euros en Espagne? C’est une insulte à l’humanité», tempête l’avocat. Une allusion au train de vie d’Ali Haddad, le président du Forum des chefs d’entreprise (FCE) proche du président algérien, arrêté récemment.
Lachemi Belhocine reconnaît n’avoir aucune idée du montant des sommes qui ont été illégalement rapatriées en Suisse par les membres du clan Bouteflika. La traque des biens mal acquis s’annonce fastidieuse mais l’avocat dit faire confiance aux magistrats suisses. «Il suffit de consulter le Registre du commerce pour voir qu’ils ne vont pas manquer de pistes», ajoute-t-il. (TDG)
Par La tribune de généve