Après Mélenchon, Marine Le Pen lance un "emprunt patriotique" pour financer sa campagne européenne

La présidente du Rassemblement national appelle les Français à prêter "la somme de (leur) choix à partir de 1000 euros".

EUROPÉENNES - Le Rassemblement national a lancé ce lundi 8 avril un “emprunt patriotique” auprès des Français pour financer sa campagne européenne, en leur demandant de prêter au moins 1000 euros, avec un intérêt de 5%, étant donné le refus des banques, “injustifiable” à ses yeux, de lui prêter de l’argent.
“Sans votre aide, nous ne pourrons pas financer notre campagne”, explique la présidente du RN Marine Le Pen dans une vidéo publiée sur un site dédié (à voir ci-dessous).
“Vous pouvez nous apporter une aide décisive en vous joignant à l’emprunt patriotique que nous lançons, en prêtant la somme de votre choix à partir de 1000 euros au RN. Vous obtiendrez 5% d’intérêt”, précise-t-elle.
Alors que sa liste est placée dans les sondages au coude-à-coude avec celle de LREM à environ 22% pour les élections européennes du 26 mai, Marine Le Pen dénonce un “système en panique” qui “a recours à un nouveau stratagème particulièrement déloyal pour nous empêcher de faire campagne: fermer le robinet financier”.
“Comme pour d’autres listes d’opposition, qui sont dans le même cas, aucune banque n’accepte, comme par hasard, de nous prêter la somme nécessaire pour mener notre campagne”, déplore la finaliste de la présidentielle en 2017. “Ces refus sont (...) injustifiables et relèvent, ni plus ni moins, que de la persécution contre les opposants”, selon elle.

Même procédé chez Dupont-Aignan

La France insoumise a elle aussi lancé une “campagne d’emprunt populaire” 
auprès des Français, qui pouvaient verser au minimum 400 euros, sans intérêt.
En une semaine, le parti de Jean-Luc Mélenchon a pu récolter 1,5 million d’euros, selon un message aux militants transmis à l’AFP samedi. LFI vise désormais la somme de 2 millions d’euros, le montant maximal autorisé par la loi.
De son côté, Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) va lui aussi recourir à un “emprunt populaire” pour sa campagne européenne. “Notre liste est financée aux trois quarts. Nous avons 1,5 million d’euros, il nous manque 500.000 euros”, a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par le journaliste du Figaro Charles Sapin.
Pour la présidentielle de 2017, le FN (devenu RN) n’avait pas non plus obtenu de prêt bancaire et avait contracté deux prêts auprès de Cotelec, le microparti du père de Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen. Pour les législatives, le FN avait aussi lancé un “emprunt patriotique”.
Mais pour les européennes, Jean-Marie Le Pen a indiqué que Cotelec ne pourrait pas prêter d’argent au RN qui, “pour l’instant, n’est pas en mesure de nous payer”.
Le HuffPost avec AFP