Cameroun :Une ONG dénonce le "silence international" face aux "atrocités" dans la région anglophone.

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Le chef de l'ONG Norwegian Refugee Council (NRC), Jan Egeland, s'est indigné jeudi du "silence"
de la communauté internationale face aux "atrocités" commises, selon lui, sur des civils des régions anglophones du Cameroun où séparatistes et soldats s'affrontent depuis plus d'un an.
"Le silence international entourant les atrocités (commises dans le nord-ouest et le sud-ouest du Cameroun) est aussi choquant que les histoires non racontées sont déchirantes", s'est offusqué Jan Egeland, secrétaire général du NRC, cité dans un communiqué de l'organisation humanitaire transmis à l'AFP.
"Lorsque la violence aveugle déplace des centaines de milliers de civils, elle déclenche généralement les sonnettes d'alarme de la communauté internationale", a-t-il déclaré, avant d'ajouter, "Cela ne semble pas s'appliquer au Cameroun".
"Il n'existe aucune médiation, aucun programme de secours important, aucun intérêt des médias et peu de pression sur les parties pour qu'elles cessent d'attaquer des civils", a-t-il déploré, appelant à "un engagement diplomatique international plus fort pour aider à résoudre le conflit".
Les séparatistes anglophones du Cameroun, pays à majorité francophone, militent pour la création d'un Etat indépendant dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Fin 2017, après un an de protestation, des séparatistes ont pris les armes contre Yaoundé. Depuis, ces régions sont le théâtre d'un violent conflit armé qui n'a cessé de prendre de l'ampleur.
Il a déjà forcé plus de 530.000 personnes à fuir leur domicile à l'intérieur du pays alors que 32.000 autres se sont réfugiées au Nigeria, selon l'ONU.
Jeudi dernier, le Parlement européen a adopté une résolution sur le Cameroun, où il a "déploré les actes de torture, les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires perpétrées par les forces de sécurité comme par les séparatistes armés".
L'Union européenne a invité les autorités à "mettre un terme" de façon urgente "aux violences et à l'impunité dans le pays".
Une résolution à laquelle a réagi lundi le gouvernement dénonçant "une kyrielle de contre-vérités, d'affirmations gratuites, de récriminations infondées, et d'injonctions assorties de chantage, dirigés contre les autorités camerounaises".
Fin mars, l'ONU a lancé un appel aux bailleurs de fonds de près de 163 millions d'euros pour venir en aide aux déplacés du conflit, s'inquiétant d'une détérioration de la situation humanitaire.