La justice suédoise relance les poursuites pour viol contre Julian Assange

Julian Assange
Le parquet suédois a annoncé que toutes les conditions étaient réunies pour demander l’extradition de
Julian Assange du Royaume-Uni vers la Suède où une enquête pour viol vient d'être rouverte à son encontre.
La justice suédoise a rouvert l'enquête pour viol contre Julian Assange et cherchera à obtenir son extradition du Royaume-Uni, a annoncé ce lundi 13 mai le parquet suédois.
«J'ai décidé aujourd'hui de rouvrir l'enquête», a annoncé Eva-Marie Persson, procureure adjointe, lors d'une conférence de presse.
«M. Assange étant incarcéré en Grande-Bretagne, les conditions sont réunies pour demander sa remise [à la Suède, ndlr] en vertu d'un mandat d'arrêt européen, ce qui n'était pas le cas avant le 11 avril», date de son arrestation par la police britannique à l'ambassade d'Équateur où il était réfugié depuis 2012, a-t-elle ajouté.
La procureure espère que les autorités britanniques prendront leur décision avant le mois d'août, date où expire le délai de prescription.
C'est officiellement pour éviter cette extradition que Julian Assange s'était réfugié en 2012 à l'ambassade d'Equateur à Londres. En son absence, et faute de pouvoir faire avancer l'enquête, la justice suédoise avait abandonné les poursuites en mai 2017. Ce lundi, Eva-Marie Persson a également souhaité interroger Julian Assange.
La réouverture de l'enquête est «embarrassante» pour la Suède
L'avocat suédois de Julian Assange a assuré que son client était prêt à coopérer avec la justice suédoise mais qu'il voulait éviter à tout prix une extradition aux États-Unis.
«Je suis surpris. C'est embarrassant pour la Suède de rouvrir l'enquête», a déclaré Per E Samuelson à la télévision suédoise. «[Assange] a toujours voulu aider à résoudre le problème suédois. Son plus grand souci, c'est le risque d'extradition aux États-Unis en raison de son travail journalistique», a-t-il ajouté.
«Une chance de se disculper», selon WikiLeaks

La réouverture de l'enquête contre Julian Assange «va lui offrir la chance de se disculper», a réagi le rédacteur en chef de WikiLeaks Kristinn Hranfsson dans un communiqué. La société a également dénoncé des «pressions» exercées sur la justice suédoise pour relancer les poursuites. Le fondateur de WikiLeaks de 47 ans a été arrêté le 11 avril à l'ambassade d'Équateur à Londres, où il était réfugié depuis sept ans, à la suite d'une demande d'extradition des États-Unis.
Il a été condamné au début du mois de mai à près d'un an de prison par la justice britannique pour violation des termes de sa liberté conditionnelle lorsqu'il s'était réfugié à l'ambassade d'Équateur en 2012.
Une fois sa peine purgée, «il appartiendra aux autorités britanniques de décider quelle demande d'extradition est prioritaire», a déclaré la procureure générale suédoise.
Par sputnik