L’Union africaine exhorte le Nigeria à rejoindre la zone de libre échange continentale africaine


L'Union africaine (UA) a exhorté le Nigeria, première économie du continent, à rejoindre la zone de
libre-échange continentale africaine (Zleca), dont  l'entrée en vigueur est prévue à partir du 30 mai.
«Nous encourageons le Nigeria à figurer parmi les membres fondateurs de la Zleca en ratifiant l’accord y afférent avant le 30 mai», a déclaré Albert Muchanga, commissaire au commerce et à l'industrie de l'Union africaine dans un entretien publié par le quotidien britannique The Financial Times.
«La part de l'Afrique dans le commerce mondial augmente grâce à la croissance du marché intérieur. C'est dans leur intérêt de ratifier», a-t-il ajouté.
Craignant de voir une déferlante de produits étrangers ruiner son industrie, le Nigeria n’a pas encore signé l’accord relatif à la création de la Zleca. Abuja rappelle régulièrement que le libre échangisme prôné par l'OMC a dévasté son industrie textile.
Les pays africains qui signent l’accord relatif à la création de la Zleca s’engagent à supprimer les droits de douanes sur 90% des biens, à libéraliser progressivement le commerce des services et à éliminer les nombreux autres obstacles non tarifaires, tels que les longs retards aux frontières nationales qui entravent le commerce entre les pays du continent.
La zone de libre échange continentale entrera officiellement en vigueur le 30 mai, après les dernières ratifications de la Sierra Leone, de la République arabe sahraouie démocratique. Ces deux pays portent ainsi à 22 le nombre de ratifications, soit le seuil minimum requis pour le lancement de la zone de libre-échange qui ouvrira la voie à la constitution d’un marché unique de 1,2 milliard de consommateurs.  
Selon les calculs de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), la Zleca pourrait accroître le commerce intra-africain de 52,3 % par an. L’Afrique est en effet très en retard en matière d'échanges intercontinentaux. Le commerce intra-africain ne représente que 15% du total des échanges sur le continent contre 67% pour les flux commerciaux intra-européens.
Par Agence Ecofin