Pékin met en garde Paris, qui a accordé l'asile à la famille de l'ex-patron d'Interpol

L'ancien patron chinois d'Interpol est poursuivi pour corruption dans son pays. Pékin fait pression sur Paris pour qu'elle n'accorde pas l'asile à sa famille. Trop tard.

"Un abus total". La Chine a adressé ce mercredi une mise en garde à la France, après l'octroi de l'asile politique à l'épouse de l'ancien patron chinois d'Interpol, poursuivi pour corruption dans son pays. 
"Si la femme de Meng Hongwei déposait une demande d'asile politique en France, cela constituerait un abus total de la procédure française", a déclaré devant la presse un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Geng Shuang.  
Mais selon son avocat, et les informations de L'Express, l'intéressée et ses deux enfants ont déjà obtenu ce statut au début du mois. La famille, qui craignait pour sa sécurité, fait par ailleurs l'objet d'une protection policière depuis une tentative d'enlèvement de Meng Grace en octobre, pour laquelle cette dernière a déposé une plainte au début de l'année.  

La Chine espère une "bonne coopération"

Revenant sur les poursuites contre Meng Hongwei, le porte-parole de la diplomatie chinoise a estimé qu'il s'agissait "d'une affaire criminelle classique". "Ce n'est pas une affaire politique, et encore moins une soi-disant persécution politique", a-t-il assuré. "Une bonne confiance politique mutuelle est la base du développement sain et stable des relations sino-françaises", a-t-il aussi souligné. 

"Nous espérons que la Chine et la France pourront traiter cette affaire conformément à la loi et de façon appropriée, sur la base d'une bonne coopération", a-t-il ajouté. 

Soupçonné d'avoir accepté des pots-de-vin

Meng Hongwei, 65 ans, qui était aussi vice-ministre de la Sécurité publique dans son pays, est soupçonné par Pékin d'avoir accepté des pots-de-vin. Il a déjà été exclu en mars du parti communiste chinois (PCC) et de toute fonction officielle, au terme d'une enquête disciplinaire interne au parti au pouvoir.  
À la suite de cette enquête, les procureurs avaient décidé en avril "d'arrêter Meng Hongwei", selon le Parquet populaire suprême. Meng Grace estime de son côté que les autorités chinoises n'ont présenté "quelque preuve que ce soit à l'appui de leurs allégations".