Venezuela: les États-Unis font pression pour le départ de Maduro

Alors que Juan Guaido appelle à poursuivre les manifestations au Venezuela ce mercredi 1er mai
2019, les États-Unis font pression pour que Nicolas Maduro quitte le pouvoir, et même le pays.
« Ce n’est pas un coup d’État. Que Juan Guaido tente de prendre le contrôle de l’armée n’a rien d’un coup d’État », assurait ce mercredi, dans la matinée, John Bolton, le conseiller du président des États-Unis à la sécurité. Des propos rapportés par notre correspondante à Washington, Anne Corpet.
Alors que l'opposant vénézuélien Juan Guaido a appelé ses partisans à poursuivre les manifestations, au lendemain d'une tentative de soulèvement avortée, les autorités américaines suivent de près la situation au Venezuela. Et pressent Nicolas Maduro de quitter le pays.
Toute la journée de mardi, les responsables américains ont fait monter la pression sur le régime et ses soutiens. Le vice-président Mike Pence et le secrétaire d’État Mike Pompeo ont commencé au cours de la matinée par saluer sur Twitter l’opération « Liberté » lancée par Juan Guaido, et ont affirmé leur soutien à une transition pacifique vers la démocratie.
John Bolton, pour sa part, a rappelé que toutes les options étaient sur la table et il a prévenu, un brin menaçant : « Ce serait une grosse erreur de la part de Maduro d’employer la force contre les civils. » Sur Twitter, Donald Trump s'en est pris à Cuba. Il a menacé d’imposer un embargo total sur la Havane si le pays ne retirait pas son dispositif militaire du Venezuela.
Selon le secrétaire d'État américain Mike Pompeo sur CNN, Nicolas Maduro était prêt à quitter le pays mardi matin, à destination de Cuba, mais la Russie l'aurait fait changer d'avis. Une information démentie par Nicolas Maduro lui-même, dénonçant un « manque de sérieux » de la part du secrétaire d'État américain.
« Cela fait longtemps que personne n’a vu Maduro, a dit M. Pompeo. Il avait un avion prêt à décoller sur le tarmac il était prêt à partir ce matin. Mais d’après ce qu’on comprend, les Russes lui ont demandé de rester. Il est temps pour lui de partir, il est temps pour lui de quitter le Venezuela, et nous le prions de le faire le plus rapidement possible. »
En Russie, le ministère des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé les opposants au président Nicolas Maduro d'« attiser » le conflit : « L'opposition radicale au Venezuela a une fois de plus recours à une confrontation par la force, a-t-il déclaré dans un communiqué. Il est important d'éviter le désordre qui pourrait mener à un bain de sang. » Sergueï Lavrov demande à toutes les parties de « renoncer à cette violence et d'entamer des pourparlers dans le cadre de la Constitution et sans interférence extérieure. » Aucune réaction sur les propos tenus par Washington, rapporte notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot.
Le président cubain Miguel Diaz-Canel a dénoncé mardi la rébellion de soldats vénézuéliens contre son allié Nicolas Maduro, auquel il a renouvelé son « ferme soutien ».
Les autorités turques, boliviennes, iraniennes et syriennes dénoncent toutes une « tentative de coup d'Etat » et le président du Nicaragua Daniel Ortega a accusé les Etats-Unis d'être derrière le soulèvement. Quant à la Colombie, elle demande aux Vénézuéliens de se placer « du bon côté de l'Histoire ».
« Nous condamnons la tentative de coup d’État au Venezuela en tant que pays qui a lutté avec les coups et a souffert des conséquences négatives des coups. Le monde entier doit respecter les préférences démocratiques du peuple vénézuélien. »
Un appel au calme international
Au sein de la communauté internationale, on exhorte à l'apaisement. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a exhorté « toutes les parties à éviter de recourir à la violence » au Venezuela et leur a demandé de « prendre des mesures immédiates pour faire revenir le calme », selon son porte-parole, Stéphane Dujarric. Le Canada salue le « courage » des Vénézuéliens.
L'Union européenne « se tient fermement au côté du peuple vénézuélien et de ses aspirations démocratiques légitimes, rejette toute forme de violence et appelle à la plus grande retenue pour éviter la perte de vies et une escalade des tensions », a déclaré pour sa part la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué.
Le gouvernement espagnol a appelé mardi à éviter toute « effusion de sang », soulignant que la solution à la crise devait venir d'un « mouvement pacifique ». Même son de cloche au Royaume-Uni, où le gouvernement a appelé mardi à une « résolution pacifique » de la crise, ajoutant que le « régime de Maduro doit cesser ».
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