Côte d’Ivoire : l’ONU appelle à « redoubler d’efforts » en vue de la présidentielle de 2020

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, à Abidjan, le 26 avril 2019. 
Alors que la coalition qui avait permis l’élection du président Ouattara a volé en éclats, le scrutin
s’annonce tendu, selon de nombreux observateurs.

L’ONU a appelé les Ivoiriens à « redoubler d’efforts », mercredi 26 juin, pour que la présidentielle de 2020, qui s’annonce tendue selon de nombreux observateurs, « soit synonyme de paix ».
« Tout le monde doit redoubler d’efforts pour que le prochain scrutin présidentiel soit synonyme de succès, de paix pour tout le peuple ivoirien », a déclaré l’émissaire du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas, à l’issue d’un entretien avec le président Alassane Ouattara. « L’élection est une étape majeure dans la consolidation de la démocratie et le développement », a-t-il ajouté.

La Côte d’Ivoire a connu une décennie de troubles entre 2002 et 2011, avec un pays coupé en deux, entre pouvoir et rebelles. Les tensions ont culminé avec la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire de son rival, Alassane Ouattara. Cette crise avait fait 3 000 morts. Les Nations unies avaient déployé une force, l’Unoci, en 2004. Sa mission a pris fin en 2017.

Ouattara laisse planer le mystère

Beaucoup craignent une présidentielle 2020 difficile. La coalition qui avait permis l’élection du président Ouattara en 2010 et sa réélection en 2015 a volé en éclats. Agé de 77 ans, le président entretient le mystère quant à une éventuelle candidature. S’il aura déjà accompli deux mandats en 2020, il estime avoir le droit de se représenter en raison d’un changement de Constitution en 2016, ce que conteste l’opposition.
L’ancien président Henri Konan Bédié (1993-1999), 85 ans, ancien allié de Ouattara, laisse lui aussi planer le doute sur sa candidature.
Lors de son entretien avec le président, Mohamed Ibn Chambas a aussi évoqué « la sécurité régionale et la nécessité de renforcer la coordination entre acteurs et partenaires régionaux pour faire face aux défis liés à la sécurité et au développement ». Les deux hommes ont également « fait le point de la coopération entre les Nations unies et l’Union du fleuve Mano [Liberia, Sierra Leone, Guinée, Côte d’Ivoire] », car « la Côte d’Ivoire joue un rôle très vital dans la consolidation de la paix et la sécurité dans la sous-région ».
Par Le Monde