Elizabeth Warren tient son rôle de tête d’affiche lors du premier débat démocrate

Dix candidats aux primaires démocrates pour la présidentielle 2020 se sont affrontés mercredi à
Miami. La sénatrice progressiste Elizabeth Warren a confirmé sa domination, même si les candidats les plus populaires doivent débattre jeudi soir.
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Des interventions courtes et mesurées, peu d'échanges musclés et une soirée qualifiée d'"ennuyante" par Donald Trump. Le premier débat entre dix des vingt-cinq candidats démocrates en vue de la présidentielle américaine de 2020 aura au moins permis, mercredi 26 juin, de confirmer l'avance de celle qui s'est hissée à la troisième place dans les sondages (12 % d'intentions de vote) : Elizabeth Warren.
  • Elizabeth Warren domine
La sénatrice du Massachussets a bénéficié d'un avantage certain : elle était le seul poids lourd de la soirée. Les candidats Joe Biden et Bernie Sanders, qui font la course en tête, doivent en effet débattre jeudi soir avec huit autres candidats, selon le tirage au sort.
Sur la scène à Miami, Elizabeth Warren, qui se targue d'avoir "un plan" pour chaque problème aux États-Unis, a réussi à asseoir son autorité. L'ex-professeure de Harvard s'est d'abord attaquée aux inégalités économiques. Selon elle – et ses concurrents ne l'ont pas contredite –, l'économie sous Donald Trump se porte bien uniquement pour les plus riches. La candidate, qui se situe à l'extrême gauche du Parti démocrate, a promis de démanteler les géants de la tech et les monopoles. "Cela fait trop longtemps que les monopoles versent des dons aux campagnes électorales et financent les comités d'action politique", a-t-elle dénoncé. "Je veux rendre le gouvernement au peuple", a-t-elle encore proclamé.
Elizabeth Warren a également répété son soutien à une proposition phare de Bernie Sanders : l'assurance santé publique universelle, une idée de plus en plus populaire au sein du parti. Certains candidats, comme la sénatrice du Minnesotta Amy Klobuchar (1 % des intentions de vote), ou l'ancien représentant du Texas, Beto O'Rourke (3 % des intentions de vote), se sont montrés plus réservés sur cette question.
  • Duel entre Texans
L'immigration était l'un des sujets majeurs de ce débat. Tous les candidats se sont indignés du traitement des demandeurs d'asile par le gouvernement Trump. La publication, cette semaine, d'une photo d'un père et de sa fillette morts en tentant de traverser la frontière mexicaine a en effet secoué l'opinion américaine. "Cette image nous brise le cœur. Elle devrait aussi nous foutre en rogne", a résumé le Texan Julian Castro, ancien ministre du Logement (moins de 1 % des intentions de vote).
C'est sur ce sujet qu'il s'est fait remarquer mercredi soir, notamment en taclant Beto O'Rourke, Texan lui aussi, sur ses positions. Julian Castro s'est targué de vouloir mettre fin à la disposition législative criminalisant l'entrée illégale aux États-Unis – permettant ainsi à l'administration Trump d'enfermer les familles de migrants dans des camps – et a reproché à Beto O'Rourke de ne pas aller aussi loin. Il espérait peut-être puiser ainsi dans le réservoir de voix de son rival géographique. Au bout de 45 minutes de débat, les recherches Google sur le nom "Julian Castro" avaient augmenté de 2 400 %, a tweeté MSNBC, la chaîne qui diffusait la soirée.
Les deux candidats, ainsi que le sénateur du New Jersey Cory Booker (2 % des intentions de vote), ont plusieurs fois parlé en espagnol pour attirer le vote des Latino-Américains. Des moments parfois gênants qui ont été raillés sur les réseaux sociaux. Beto O'Rourke s'est ainsi vu reprocher de lancer quelques phrases en espagnol pour éviter de répondre à certaines questions.
  • Les candidats qui tirent leur épingle du jeu
S'il est difficile, en deux heures, de départager tous les candidats, certains s'en sont mieux sortis que d'autres. Cory Booker, seul candidat noir en lice, a évoqué ses racines familiales défavorisées et le fait qu'il habite encore aujourd'hui dans un quartier populaire pour insister sur sa préoccupation du sort des minorités. Il a aussi usé de quelques phrases à l'allure de slogans : "Si vous avez besoin d'un permis pour conduire une voiture, il vous faut un permis pour posséder une arme à feu", a-t-il ainsi lancé, interrogé sur un des sujets-clés de 2020.
Bill de Blasio, le maire de New York (moins de 1 % des intentions de vote) et le dernier des démocrates sur scène à avoir déclaré sa candidature, s'est illustré par son ton dynamique. Il fut l'un des seuls à couper la parole de ses concurrents pour les bousculer. "Le Parti démocrate doit être fort, audacieux et progressiste", a-t-il insisté, appelant la formation "placer les travailleurs d'abord".
Amy Klobuchar, la sénatrice du Minnesotta, s'est différenciée par ses positions plus modérées sur la santé, l'immigration ou le coût des études universitaires. "Je ne suis pas la candidate typique de l'establishment", a-t-elle affirmé à la fin de la soirée. "Je suis capable de battre Donald Trump", a-t-elle assuré, s'appuyant sur ses victoires électorales passées dans des terrains difficiles.
La représentante de Hawaï Tulsi Gabbard, enfin, a été la seule a exprimer des positions anti-interventionnistes. Vétéran de la guerre en Irak, critiquée pour avoir rencontré Bachar al-Assad et pour ses positions parfois qualifiées de "pro-russes", a répété qu'elle soutenait le retrait des troupes américaines d'Afghanistan et a alerté sur les désastres potentiels d'une guerre contre l'Iran.
À noter que le processus des primaires américaines se tiendra de février à juin 2020.
Par France 24