L'Afrique, une alternative aux terres rares?

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine charrie son lot de menaces plus ou moins voilées. Parmi celles-ci le contrôle qu'exerce Pékin sur la production des terres rares, indispensable dans l'industrie de l'électronique et de la défense, pourrait être utilisé comme monnaie d'échange. Pékin est certes en situation quasi monopolistique dans la production de ces métaux indispensables aux industries américaines, pourtant les terres rares sont paradoxalement abondantes et l'Afrique pourrait être une véritable solution alternative, les gisements y sont en effet nombreux.

Si demain la Chine décidait de limiter ses exportations de terres rares, il n'y aurait qu'un problème temporaire, explique Didier Julienne, car cette série de dix-sept métaux de la famille des lanthanides existe en abondance sur terre, précise cet expert en métaux.
À cet égard, les fosses maritimes au large du Japon en regorgent, ainsi que les montagnes du Groenland. L'Afrique dispose de réserves abondantes, mais n'a pas encore vraiment commencé à les exploiter. Le Burundi fait figure de précurseur, avec la mine de Gakara, opérée par une société britannique. C'est à ce jour la seule mine de terre rare en exploitation sur le continent. Le Malawi devrait suivre dès l'an prochain avec une mine à Songwe Hill. Le Gabon, enfin, tente de relancer l'exploitation de la mine de Mabounié qui, outre les terres rares, contient aussi de l'uranium.
D'autres pays comme l'Afrique du Sud, la Tanzanie et Madagascar, possèdent des réserves inexploitées. L'abondance n'est donc pas le problème, la question est de savoir traiter ces terres rares qui nécessitent un procédé complexe, très polluant et pas forcément rentable à court terme.
Par RFI