Le sommet dans le sommet, rencontre décisive Trump-Xi samedi au G20

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Après plus d’un mois d’invectives, le président américain, Donald Trump, et son homologue
chinois, Xi Jinping, ont semblé vendredi calmer le jeu, au premier jour du G20 à Osaka au Japon.
La rencontre, prévue à 11H30 locales, sera «productive», a fait miroiter le locataire de la Maison-Blanche. «Cela va bien se terminer pour les deux pays, avec un peu de chance».
La Chine a aussi dit espérer «des résultats positifs», selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. À condition que les États-Unis «se placent sur un pied d’égalité avec la Chine» et «répondent à ses préoccupations légitimes», a prévenu l’agence de presse officielle Chine nouvelle.
De ce tête-à-tête, le premier des deux hommes depuis une rencontre du même type au G20 de Buenos Aires en décembre 2018, dépendra l’imposition ou non de taxes douanières américaines sur l’intégralité des marchandises chinoises importées, avec des répercussions pour l’ensemble de la planète. Donald Trump a assuré vendredi ne rien avoir «promis» à son puissant rival.
«Profonds problèmes»
«C’est le sujet qui domine clairement et tout le reste devient secondaire», a commenté Thomas Bernes, du centre d’innovation pour la gouvernance internationale, un groupe de réflexion canadien. «Ce qu’on entend, c’est qu’il n’y aura pas de grand accord, mais qu’il pourrait y avoir une trêve, ce qui serait certainement utile », a-t-il dit.
Donald Trump, qui brigue sa propre succession, «peut agir et agit lorsqu’il en ressent l’avantage politique» dans son pays, d’après cet ancien haut responsable du FMI. «La question est de savoir si la pression de la communauté d’affaires aux États-Unis et des républicains sera suffisante».
Cependant «les perspectives d’une action décisive sont ténues», estime Adam Slater, analyste du cabinet d’études Oxford Economics, soulignant «les profonds problèmes géopolitiques sous-jacents».
Plus largement, le G20 aura des difficultés à prôner le multilatéralisme et à condamner le protectionnisme dans les échanges commerciaux dans sa déclaration finale, devenue un casse-tête depuis l’entrée en fonctions début 2017 de Donald Trump.
Alors que se tenait ce sommet, l’UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) ont justement donné un bel exemple de multilatéralisme en s’accordant sur un traité de libre-échange, fruit de 20 ans de négociations. «Un moment historique» pour le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.
Le climat, pomme de discorde
Le climat sera tout autant un sujet de divisions à Osaka, au moment où l’Europe subit une canicule inédite, considérée par les scientifiques comme un symptôme sans équivoque du dérèglement climatique.
Sous Donald Trump, les États-Unis, opposés à l’accord de Paris sur le climat, ne signent traditionnellement pas la déclaration.
D’autres pays pourraient faire de même cette année, s’inquiète la délégation française, citant le Brésil, l’Arabie saoudite et la Turquie.
L’autre risque est de voir la volonté de consensus du Japon aboutir à un communiqué dénué de substance, avertissent ONG et sources gouvernementales, ou même à l’absence de communiqué.
Après une longue nuit de tractations, selon une source diplomatique, le sommet de ces pays, qui comptent pour 85% du produit intérieur brut de la planète, devrait se conclure en milieu d’après-midi samedi par la diffusion de la déclaration finale et les conférences de presse des grands dirigeants.
Avec un doute grandissant sur la pertinence de ce rassemblement initialement créé pour apporter une réponse unie aux crises en tout genre, inauguré en 2008 en pleine crise financière.
Le sommet d’Osaka a viré à la succession de bilatérales qui ont éclipsé les sessions de travail communes. Parmi ces épisodes, celui de Donald Trump plaisantant avec le président russe, Vladimir Poutine, sur des sujets sensibles, tels que les soupçons d’ingérence russe dans la présidentielle américaine ou la liberté de la presse, a particulièrement suscité la polémique.
Le G20 se voulait «un forum de coopération, mais on peut se demander à présent si nous n’avons pas atteint le moment où il a cessé de servir cet objectif», déplore l’analyste canadien.
Par Le Journal de Montréal