Maurice Kamto emprisonné: Basile Ader vice président du barreau de Paris en appelle aux autorités camerounaises

 

Les autorités camerounaises entravent-elles les droits de Maurice Kamto, chef du parti d'opposition Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et toujours en détention ? C'est l'accusation lancée par Basile Ader, le vice-bâtonnier du barreau de Paris, auprès duquel, Maurice Kamto, juriste de profession, est inscrit.

En déplacement cette semaine au Cameroun pour la rentrée solennelle du barreau, le vice-bâtonnier du barreau de Paris, Basile Ader, souhaitait rendre visite en prison à l'opposant Maurice Kamto avec deux collaborateurs. Également président de l'Observatoire international des avocats en danger (OIAD), Basile Ader affirme avoir fait toutes les démarches nécessaires il y a un mois et avoir obtenu des permis de visites en règle. Pourtant, à deux reprises, le 7 et le 8 juin, il n'a pu rentrer dans la prison et affirme avoir été « grugé ».
« Je n’ai pas pu identifier à quel échelon l’instruction avait été donnée de ne pas nous laisser l’accès à Maurice Kamto à l’intérieur de la prison, explique-t-il. En tout cas, ce n’était pas les plantons de service puisque tout paraissait normal jusqu’à ce que nos identités soient connues de la direction de la prison. Mais il est clair que malgré tous nos efforts, toutes nos démarches, tous nos téléphones, nous n’avons pas eu accès à notre confrère et que c’est une atteinte aux droits de la défense, c’est une entrave à un droit fondamental ».
Faux, répond-on du côté des autorités. Personne n'empêche Maurice Kamto de recevoir des visiteurs, affirme une source proche du gouvernement. Selon cette source, « c'est peut-être Kamto lui-même qui n'a pas souhaité recevoir cet avocat », assurant que l'avocat français, maître Eric Dupont-Moretti avait pu rendre visite à Maurice Kamto récemment. Basile Ader, lui, promet de rédiger un rapport et qu'il va interpeller le ministre français de la Justice.
Manifestation interdite
Après les arrestations du week-end du 1er et 2 juin, une nouvelle journée de manifestations était par ailleurs annoncée ce 8 juin au Cameroun. La manifestation a été à nouveau interdite par les autorités, qui avaient déployé un important dispositif de sécurité dans la capitale Yaoundé, mais aussi à Douala. Le MRC recensait 170 interpellations le 8 juin au soir après l'interdiction par les autorités de nouvelles manifestations. Selon Philipe Nanga, coordonnateur de l'ONG Un Monde Avenir, il devient de plus en plus difficile de manifester pacifiquement au Cameroun.
« Les autorités sont décidées à enrayer toute velléité de manifestation pacifique, dénonce-t-il. Dans toutes les grandes villes, même nos amis à Bafoussam nous ont signalé aussi ce fort déploiement des forces de maintien de l’ordre. Aujourd’hui, notre vœu est que les autorités puissent consentir à respecter les lois de la République, parce que la liberté de manifester pacifiquement est protégée et reconnue par la Constitution du Cameroun. Elle est protégée et reconnue par les traités internationaux, ratifiés par le Cameroun. Nous appelons les autorités justement à respecter ces engagements-là. Et nous appelons de tous nos veux également les institutions internationales, les Nations unies, l’Union africaine, à interpeller le Cameroun qui viole allégrement les libertés fondamentales au vu et au su de l’opinion nationale et internationale ».
De son côté, le gouvernement dément l'interpellation de militants, à part quelques activistes à Yaoundé. « On ne peut pas interpeller des militants d'un parti qui n'ont pas manifesté », explique une source proche du gouvernement.
Par RFI