Miracle économique : Comment le Rwanda s’est inspiré du modèle singapourien

Vous est-il déjà arrivé de vous demander pourquoi certains pays progressent alors que,
concomitamment, d’autres régressent ou végètent ?
Pourquoi certains pays connaissent des réussites économiques étonnantes, pendant que d’autres, en dépit de tous leurs potentialités, se paupérisent davantage ? Assurément OUI.
Pourtant, vous le savez peut-être, ’une des différences symptomatiques entre les pays qui progressent et ceux qui régressent ou végètent se trouve dans une notion toute simple : le pragmatisme. Ainsi, pour entrer dans le vif du sujet, devrons-nous retenir que le pragmatisme s’oppose fondamentalement aux tendances idéologiques et partisanes. Il nous force à faire preuve d’ouverture d’esprit et à ne prendre que ce qui marche.
Nombre de pays développés ou en voie de développement ont compris, dans diverses sphères de la vie de leur nation, qu’il n’avait pas nécessairement à réinventer la roue ou à créer chose inexistante.Cela est d’autant plus important pour les pays africains qui n’ont quasiment pas connu de révolution industrielle et technologique mais qui, par la force des choses, peuvent s’inspirer de ce qui a déjà marché dans les pays développés histoire de l’implémenter chez eux en l’adaptant, bien évidemment, à leurs spécificités historiques, socio-culturelles, politiques et économiques. 
C’est là où viendrait le saut industriel et technologique tant souhaité dans ces pays. Nul besoin de passer par toutes les étapes de l’industrialisation telles que préconisées par le très célèbre économiste américain Rostow, à savoir :
La société Traditionnelle
Les conditions préalables au décollage
Le décollage
La phase de la maturité
L’âge de la consommation de masse.
L’illustration la plus symbolique nous est fournie par la Chine. Cette puissance économique incontestée a,rappelons-le, démarré son éclosion économique à partir de 1979. La raison ? Le président chinois d’alors, Deng Xiaoping, lors de sa visite au Singapour fin-1978 constata, non sans étonnement, le changement radical de cette Cité-Etat en un pôle industriel beaucoup trop attractif et en profonde mutation.
En effet, Singapour qui, auparavant, était caractérisé par une économie de comptoir et, pire, était même obligé d’importer de l’eau, avait fini par adopter et adapter une politique d’industrialisation à outrance sous-tendue par l’attraction des firmes transnationales au moyen des Zones économiques Spéciales (ZES). Les résultats ne se sont pas fait attendre : le pays ,en moins d’une génération, avait connu une prospérité économique insolente et, plus important encore, se place, de nos jours, en tête de peloton dans des grands classements internationaux et ce, dans les domaines aussi divers que l’éducation, l’économie, le service, etc.
Convaincu de l’efficacité des différentes politiques appliquée au Singapour, le président chinois, dès son retour en Chine, fit appel aux experts singapouriens pour mettre sur pied ces ZES dans différentes zones stratégiques. Chose qui fit basculer le pays vers cette alchimie chinoise terriblement efficace appelée « Socialisme de marché ».Mieux, c’est à partir de ce moment que le Dragon économique chinois se déchaina. D’ailleurs pour Deng Xiaoping, « peu importe la couleur du chat, pourvu qu’il attrape la souris.» Quelle leçon de pragmatisme !!!
Bien d’autres pays emboiteront le pas de la Chine en s’inspirant du modèle singapourien. Il s’agit de la Malaisie, l’Inde,… et bien sûr, notre chère France (Dans le domaine éducatif avec la fameuse Méthode de Singapour). On ne passe pas à côté de la formule qui gagne, souvenons-nous en.
La Rwanda, sous l’impulsion volontariste de son homme fort Paul Kagamé, semble avoir bien compris la leçon et joue la carte du pragmatisme à fond.
La preuve ? Le Rwanda Developement Board, l’organisme rwandais d’attraction des capitaux étrangers, est littéralement inspiré de l’organisme Singapourien : Economic Development Board.
En outre, le père fondateur du Singapour moderne, Lee Kuan Yew( au pouvoir de 1959 à 1990 à la suite de sa démission) avait fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille.
La Chine, la Malaisie (sous Mahatir Muhammed, alors premier minsitre) et le Rwanda (sous Paul Kagamé) n’ont pas fait le contre.
Pour éclairer la lanterne des uns et des autres devant l’ascension fulgurante de son pays, Xi Jinping, l’actuel homme fort de l’empire du milieu (Chine) soutient: « Deng Xiaoping a répété que la Chine devait apprendre de Singapour. Nous l’avons fait, nous le faisons aujourd’hui et nous le ferons demain.»
Sékou Oumar SYLLA
Étudiant à l’ISCAE de Casablanca (Maroc)
Chercheur en Economie du développement
Par afropreneuriat.net